MALADIES LIEES A LA CHALEUR: L’OMS dévoile son plan anti-chaleur à l’approche des JOJ
Face à une hausse de 63% des décès liés à la chaleur depuis les années 1990, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié, hier, de nouvelles recommandations pour prévenir les maladies liées à la chaleur lors des grands rassemblements sportifs, religieux et culturels. Fondées sur l’analyse de près d’un demi-million de consultations médicales recensées dans des études publiées entre 1980 et 2025, ces recommandations montrent que plus de 90% des patients peuvent être pris en charge sur place lorsque les dispositifs médicaux sont bien organisés.
Les maladies liées à la chaleur constituent un risque important pour la santé publique et le bon déroulement des grands rassemblements sportifs, religieux et culturels. Elles touchent aussi bien les spectateurs et les participants que les bénévoles et les travailleurs.
À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié hier une nouvelle analyse des données disponibles, assortie de recommandations. Ces travaux montrent que la plupart des maladies liées à la chaleur lors des grands événements peuvent être évitées ou traitées sur place grâce à la mise en œuvre rapide de mesures de gestion des risques.
L’analyse, qui porte sur des études publiées entre 1980 et 2025, a recensé près d’un demi-million de consultations médicales lors de grands rassemblements, dont plus de 22 000 cas de maladies liées à la chaleur. Ces études montrent également que, lorsque les dispositifs médicaux sur place sont bien organisés, plus de 90% des patients peuvent être pris en charge directement sur les lieux de l’événement. Une organisation qui réduit considérablement la pression sur les hôpitaux et les services d’ambulance locaux.
Pour aider les pays hôtes et les organisateurs à mieux anticiper et gérer ces risques sanitaires, l’OMS publie une nouvelle série de ressources intitulée « Prévention et gestion des maladies liées à la chaleur lors des rassemblements de masse ». Elle s’appuie sur des données synthétisées dans le cadre de revues systématiques ainsi que sur les enseignements tirés de grands rassemblements organisés à travers le monde.
Ces résultats soulignent l’importance d’investir dans la préparation et les dispositifs d’intervention avant que les températures n’atteignent des niveaux dangereux. Les approches les plus efficaces combinent plusieurs mesures : un accès sûr à l’eau potable et aux toilettes, des infrastructures de rafraîchissement, des ajustements d’horaires, une gestion adaptée des flux de foule, la protection des travailleurs, l’information du public, une surveillance en temps réel et des services médicaux sur place bien préparés.
Selon l’agence onusienne, ces recommandations concernent les spectateurs, les participants, les bénévoles et les travailleurs. Elles complètent les recommandations de l’OMS relatives aux plans d’action sanitaires en cas de forte chaleur, les plans d’action nationaux existants, les exigences en matière de santé et de sécurité au travail, les dispositifs de préparation aux situations d’urgence ainsi que les recommandations cliniques.
Les décès liés à la chaleur en hausse de 63%
Ces recommandations privilégient une approche globale de l’événement. La conception des sites, la gestion des foules, l’eau et l’assainissement, les transports, la sécurité, les communications et la gestion du personnel influent tous sur l’accès au rafraîchissement, à l’eau potable et aux soins médicaux dans les meilleurs délais.
Elles couvrent l’ensemble du cycle de vie d’un événement et doivent s’intégrer à une préparation plus large aux situations d’urgence ainsi qu’à une gestion des différents risques. L’OMS appelle ainsi les gouvernements, les organisateurs d’événements et leurs partenaires à intégrer les risques liés à la chaleur dans la planification, la préparation et les opérations sanitaires des rassemblements de masse à travers le monde.
Le directeur exécutif du Programme des situations d’urgence sanitaire de l’OMS, le Dr Chikwe Ihekweazu, souligne que les fortes chaleurs représentent une menace croissante pour la santé, la sécurité et la continuité des opérations lors des grands rassemblements.
« Elles doivent être abordées non seulement comme un risque environnemental, mais aussi comme un enjeu majeur en matière d’opérations et de gouvernance. La protection ne peut reposer uniquement sur les comportements individuels. En renforçant l’évaluation, la préparation et la réponse aux risques de manière cohérente, nous pouvons réduire les dommages immédiats et favoriser une planification des événements plus sûre et plus résiliente dans un monde qui se réchauffe », a-t-il déclaré.
La hausse des décès liés à la chaleur est estimée à 63% depuis les années 1990, avec une moyenne de 546 000 décès par an entre 2012 et 2021. L’OMS souligne que les rassemblements de masse peuvent amplifier ces risques de plusieurs façons. Une exposition prolongée à la chaleur et au soleil, une forte densité de population, un accès limité à l’eau potable, le stress lié aux déplacements, la méconnaissance du climat local et la surcharge des services de santé peuvent se conjuguer pour créer des conditions dangereuses.
Viviane DIATTA

