SÉCURITÉ DES JOJ « DAKAR 2026 »,Prise d’otages simulée : les forces de sécurité à l’épreuve du réel
Une cinquantaine d’otages, une menace terroriste fictive et une chaîne de commandement mobilisée : les forces de défense et de sécurité ont testé leur capacité de réaction à travers l’exercice de certification « CERTEX », organisé les 6 et 7 octobre à Dakar. À quelques semaines des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) « Dakar 2026 », cette simulation devait éprouver la coordination des interventions, des secours et des décisions face à une crise majeure.
Le scénario est fictif, mais les exigences opérationnelles sont bien réelles. Dans un établissement hôtelier de Dakar (hôtel Teroubi), des assaillants armés retiennent une cinquantaine de personnes réunies lors d’une réception, parmi lesquelles figurent, dans la simulation, des officiels et des représentants du Comité international olympique (CIO). Ils fixent un ultimatum. Les forces engagées doivent alors évaluer la situation, transmettre l’alerte et organiser une réponse coordonnée.
Cette mise en situation constitue le cœur de l’exercice de certification « CERTEX », conduit les 6 et 7 octobre 2026 dans le cadre de la préparation sécuritaire des Jeux olympiques de la jeunesse. La séquence du mercredi s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, ainsi que d’autorités civiles et militaires, de membres du corps diplomatique et de représentants du CIO.
Un scénario construit autour d’une menace fictive
L’exercice retient l’hypothèse d’un réseau djihadiste fictif installé au Sahel, qui chercherait à exploiter la visibilité internationale des JOJ pour mener une action spectaculaire. Ce cadre permet de confronter les unités à une situation mêlant menace armée, protection de personnes retenues et prise en charge de victimes.
Lors du briefing, le commissaire divisionnaire Mamadou Tendeng, commissaire central de Dakar, a présenté les éléments de situation. Il a rappelé que le Sénégal, malgré sa stabilité, évolue dans un environnement régional marqué par la dégradation sécuritaire et les menaces transnationales.
Pour les organisateurs, l’enjeu consiste à vérifier la capacité du dispositif à passer, sans préavis, d’une posture de vigilance à la gestion d’une crise majeure. La simulation doit ainsi mesurer la rapidité de mobilisation des moyens et la cohérence des décisions prises aux différents niveaux du commandement.
Plusieurs unités, une même chaîne de commandement
La Brigade d’intervention polyvalente (BIP) tient le rôle de force menante. Le Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), les forces spéciales des armées, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) et les autres services mobilisés interviennent en appui, sous une unicité de commandement.
Cette organisation met à l’épreuve l’articulation entre les capacités de négociation, d’intervention spécialisée et de secours. Elle doit permettre aux différents corps d’agir selon une stratégie commune, avec une répartition claire des responsabilités.
Du Centre de coordination des opérations aux unités présentes sur le terrain, l’ensemble de la chaîne est sollicité. La circulation de l’information entre les postes de commandement, l’exploitation de la vidéoprotection et la remontée des données opérationnelles figurent parmi les points examinés.
La présence des sapeurs-pompiers et des équipes médicales donne également à l’exercice une dimension essentielle : la réponse à une crise comprend la protection, l’évacuation et la prise en charge des personnes affectées.
Des réglages à achever avant les Jeux
Le CERTEX intervient après plusieurs étapes de préparation. Des exercices sur table ont d’abord permis de tester les procédures et les mécanismes de décision. Les différentes forces ont ensuite conduit leurs propres entraînements avant de participer à des séquences communes. Cette phase de certification vise donc à apprécier la cohérence de l’ensemble. Elle concerne un dispositif appelé à couvrir les sites de compétition, d’hébergement et de transport répartis entre Dakar, Diamniadio et Saly.
Adama AIDARA

