PASSEPORTS DIPLOMATIQUES POUR LES CHEFS RELIGIEUX: Serigne Bassirou demande davantage de « sollicitude » à l’État, mais…
Après avoir transmis le « Ndigël » du Khalife général des mourides appelant à mettre fin aux courses de charrettes à Touba, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre a abordé la question des passeports diplomatiques. Le porte-parole de Serigne Mountakha Mbacké affirme avoir plaidé auprès du président Bassirou Diomaye Faye pour que certains chefs religieux puissent en bénéficier. Il précise toutefois que solliciter ces documents pour des tiers ne fait pas partie des missions que lui a confiées le Khalife.
À Touba, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre a tenu à clarifier son rôle dans les demandes de passeports diplomatiques. Selon lui, le Khalife général des mourides l’avait chargé de porter auprès du chef de l’État une requête concernant des guides religieux amenés à voyager, notamment pour recevoir des soins à l’étranger ou rendre visite à leurs disciples. Cette démarche, a-t-il expliqué, ne signifie pas qu’il lui revient de chercher des passeports diplomatiques pour des personnes qui le solliciteraient.
Le porte-parole du Khalife a présenté la délivrance de ces documents comme une faveur relevant de la décision des autorités. Il affirme que le président Bassirou Diomaye Faye lui a indiqué signer les demandes qui lui sont soumises dans ce cadre. Il a salué cette disposition, tout en invitant l’État à faire preuve de davantage de « sollicitude » envers les chefs religieux. À ses yeux, la place qu’ils occupent auprès de leurs communautés justifie une attention particulière.
Une question déjà débattue à Touba
La prise de parole intervient dans un contexte où les passeports diplomatiques des dignitaires religieux ont déjà suscité des discussions. En juin 2026, des responsables religieux de Touba avaient publiquement salué une décision présentée comme facilitant le renouvellement de leurs documents. Des affirmations selon lesquelles leur délivrance aurait été bloquée avaient également alimenté la polémique, avant d’être contestées publiquement par le député Cheikh Thioro Mbacké.
Sur le plan réglementaire, la délivrance des passeports diplomatiques et de service est encadrée par le décret sénégalais n° 78-021 du 6 janvier 1978. Le ministère des Affaires étrangères avait rappelé, dans une précédente communication sur l’application de ce texte, que certaines personnalités ne pouvaient obtenir un passeport diplomatique qu’au titre d’une dérogation spéciale accordée par le président de la République. La déclaration de Serigne Bassirou Abdou Khadre relance ainsi le débat sur les critères appliqués aux demandes des chefs religieux.
Lamine DIEDHIOU

