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RUPTURE DU PRINCIPE DE LA CONSULTATION: Le Front Syndical national saisira le Chef de l’État pour défendre les Institutions sociales

Le Front Syndical pour la défense du travail composé de 12 centrales syndicales est très remonté contre le ministre du travail, de la fonction publique et des organisations professionnelles. L’autorité a récemment rompu unilatéralement le principe de la consultation avec les partenaires sociaux en apportant en catimini des modifications de fond sur le code unique de sécurité sociale. Résultat, l’autonomie de gestion des Institutions sociales est remise en cause et le ministère du travail est accusé de vouloir faire main basse sur l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale.
Le front syndical a rencontré ce mercredi les Associations nationales des Retraités des 14 régions du Sénégal.
Des actions de protestation de grande envergure sont prévues notamment une demande d’audience au Président de la République, une grève générale de 72 heures, la saisine du bureau international du travail ( BIT), des marches sur l’étendue du territoire, des rencontres d’informations avec les délégués syndicaux des entreprises de la place etc

Entouré d’autres secrétaires généraux de centrales comme Elimane Diouf ( CSA), Souleymane Diallo et Ndiouga Wade ( CNTS), Mody Guiro patron de la CNTS, 1er Vice-President du Conseil d’administration de l’IPRES et membre du Conseil d’administration du BIT est clair comme l’eau de roche : L’administration du travail veut faire faire un grand bond en arrière en révisant des acquis comme le principe de l’autonomie de gestion des Institutions sociales ( IPRES et Caisse de sécurité sociale) acquis de haute lutte dans les années 90 sous la présidence du regretté Madia Diop.
Le ministère du Travail a récemment fait voter en usant du forcing le nouveau texte du code unique de sécurité sociale. Une nouvelle loi pas encore promulguée par le Président de la République mais qui remet en cause plusieurs acquis.
Avec le nouveau texte voici les mesures fortement décriées par les associations de Retraités et les 12 centrales syndicales :

  1. Suppression du collège des représentants dans les Institutions sociales
  2. Le nombre de membres des conseils d’administration passe de 22 à 14
  3. Désormais, le pouvoir de nomination et de révocation des Directeurs généraux des 2 Institutions sociales n’est pas la prérogative des conseils d’administration qui doivent plutôt proposer des noms. À charge pour le ministère du travail de valider et donc de nommer ces hauts dirigeants
  4. La tutelle ( ministère du travail ) a le pouvoir de dissoudre les conseils d’administration et de les mettre sous administration provisoire
  5. L’enrôlement des agents non fonctionnaires de l’État par le fonds national de retraite (FNR). Or, jusque-là ce segment important des travailleurs représente plus de 20% des cotisations au niveau de l’IPRES
    Autant de mesures jugées iniques par l’alliance entre le front syndical et les organisations nationales de Retraités qui a décidé de dénoncer à haute et intelligible voix ce recul innommable que voudrait instaurer l’administration du travail en se basant sur de supposées recommandations de la CIPRES, l’organisation faîtière en charge de la régulation des Institutions sociales dans 18 pays d’Afrique de l’ouest et du centre. Or, la CIPRES n’a pas vocation à réduire le nombre des administrateurs ou à supprimer le collège des représentants. Sa mission est essentiellement de veiller à l’application dans les Institutions sociales des règles dites prudentielles.
    Avec cette nouvelle loi votée sous l’instigation de l’actuel ministre du travail, c’est la pérennité de l’IPRES et de la Caisse de sécurité sociale qui est assurément en jeu.
    Faudrait-il le rappeler, l’IPRES avait connu sa période la plus sombre lors de la fameuse crise de 1991 lorsque l’État nommait le Directeur Général. À l’époque, le financement de la campagne agricole était d’ailleurs puisé des caisses de l’Institution, ce qui avait conduit à la cessation de paiement et au malaise des Allocataires.
    Cette main- mise annoncée de l’Institution par l’État rappelle donc des moments pénibles que les Retraités ne veulent plus revivre à juste raison.
    Surtout qu’à ce jour, l’État du Sénégal doit plus de 100 milliards de FCFA à l’IPRES au titre de plusieurs engagements pas encore satisfaits notamment sur la pension minimale.

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