« Bassirou Diomaye Faye est pris en étau face à une double opposition » (Abdou Fall)
Dans un entretien accordé à L’Observateur, l’ancien ministre d’État Abdou Fall tire la sonnette d’alarme sur la situation politique au sommet de l’État. Selon lui, la détérioration des relations entre le Président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a profondément bouleversé les équilibres politiques. Il estime que l’opinion publique est encore « sous le choc de la tournure et de l’accélération de la crise qui se déroule au sommet de l’État pour en mesurer pleinement la portée institutionnelle et politique ».
Les divergences au sein de la majorité ont progressivement débouché sur un face-à-face entre l’Exécutif et une majorité parlementaire désormais en rupture avec le président de la République. Après son départ de la Primature, Ousmane Sonko s’est appuyé sur l’Assemblée nationale, où son camp reste majoritaire. Pour Abdou Fall, le chef de l’État est désormais pris en étau face à une « double opposition » : d’un côté, son ancienne majorité parlementaire et, de l’autre, la minorité regroupée au sein du Front pour la défense de la République (FDR). Une situation qu’il juge « objectivement insoutenable dans la durée ».
Face au risque de crise institutionnelle, voire de crise de régime, l’ancien ministre sous le régime d’Abdoulaye Wade identifie deux issues : soit l’un des deux camps renonce à l’épreuve de force, soit le président de la République cherche à construire une nouvelle majorité parlementaire avec de nouveaux alliés.
Dans ce contexte marqué, selon lui, par une gouvernance empreinte de « radicalité » et par de lourdes conséquences économiques, financières et sociales, Abdou Fall appelle à « renouer avec la pratique de la concertation » afin de trouver une sortie démocratique et pacifique à la crise.

