MONDIAL 2026-AVANT MEME LES EXPLICATIONS, LE GRAND DESORDRE: Le fiasco du rapatriement prolonge le traumatisme des Lions
Quatre jours après la cruelle élimination face à la Belgique en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, la fin du séjour américain des Lions a été à l’image de leur sortie de compétition : confuse, improvisée et révélatrice des dysfonctionnements qui entourent désormais la sélection nationale.
Alors qu’un vol spécial devait initialement permettre à toute la délégation de rallier Dakar dans la nuit de vendredi à samedi, le rapatriement collectif n’a finalement jamais eu lieu dans les délais annoncés. Incapables de trouver un appareil disponible, la Fédération sénégalaise de football (FSF) et le ministère des Sports se sont retrouvés confrontés à une équation aussi logistique que financière.
Selon plusieurs informations recueillies sur place, les discussions se sont rapidement heurtées à une réalité budgétaire. L’affrètement d’un avion spécial nécessitait une enveloppe estimée à près de 400 millions de FCFA, un montant jugé particulièrement élevé dans le contexte de l’élimination prématurée du Sénégal. Au niveau de certaines autorités étatiques, la pertinence d’engager une telle dépense après un parcours aussi décevant a suscité des réserves, compliquant davantage la prise de décision.
Face à cette situation, la Fédération aurait tenté de reprendre le dossier en main, envisageant même d’assumer elle-même une partie, voire la totalité, des coûts afin d’éviter un enlisement. Mais les recherches d’un appareil disponible se sont également heurtées aux contraintes du calendrier américain.
Le week-end de l’Independence Day, célébré le 4 juillet pour les 250 ans des Etats-Unis d’Amérique, a fortement perturbé les disponibilités des compagnies d’affrètement et des services aéroportuaires. Entre le samedi férié et le dimanche, les possibilités de mobiliser rapidement un appareil se sont considérablement réduites, retardant encore davantage le départ collectif.
Les joueurs prennent leur destin en main
À mesure que les heures passaient, les internationaux sénégalais ont fini par perdre patience. Beaucoup ont choisi de ne plus attendre l’hypothétique vol spécial et ont organisé eux-mêmes leur retour vers leurs clubs ou leurs lieux de résidence.
Les premiers à quitter Seattle avaient été Pape Gueye, Édouard Mendy, Ismaël Jakobs et Mory Diaw, dès jeudi soir, quelques heures seulement après l’élimination. Le lendemain, d’autres cadres comme Idrissa Gana Gueye, Ibrahima Mbaye, Yehvann Diouf et plusieurs autres internationaux ont également pris des vols commerciaux.
Au fil des départs, le groupe s’est progressivement vidé. Samedi soir, la majorité des joueurs avaient déjà quitté Seattle, laissant derrière eux un effectif réduit.
Un vol spécial finalement vidé de sa raison d’être
Ironie de la situation, lorsque les recherches d’un avion spécial se poursuivaient encore dimanche matin, il ne restait pratiquement plus aucun joueur à rapatrier.
Le vol, toujours en négociation, ne devait plus transporter que les membres du staff technique, médical et administratif, quelques proches des joueurs, les équipes de l’intendance chargées d’acheminer près de trois tonnes de matériel, ainsi que plusieurs membres de la délégation officielle composée de responsables fédéraux, de représentants du ministère des Sports et d’invités de la FSF et de l’État présents à Seattle.
Une situation qui interroge sur la pertinence même de maintenir un affrètement devenu largement vidé de son objet initial.
Une fin de Mondial symptomatique
Au-delà du simple problème de transport, ce rapatriement chaotique illustre le climat qui règne autour de la sélection nationale depuis l’élimination face à la Belgique. Entre les critiques visant le staff technique, les prises de position publiques de certains joueurs, les règlements de comptes internes et désormais cette gestion laborieuse du retour au pays, la campagne américaine se termine dans un climat particulièrement pesant.
Alors que les Sénégalais attendent des explications sur le naufrage sportif de Seattle, cet épisode logistique vient renforcer l’impression d’une délégation qui s’est progressivement désunie après l’élimination. Une conclusion peu glorieuse qui risque d’alimenter encore davantage les interrogations sur la gouvernance de la sélection nationale et sur les responsabilités de chacun dans ce Mondial qui devait être celui de la confirmation, mais qui restera finalement celui d’un immense désenchantement.

