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MONDIAL 2026 – 16e DE FINALE BELGIQUE-SENEGAL (20h GMT): Les Lions à la conquête d’un nouvel horizon

Après un premier tour aussi déroutant qu’encourageant, le Sénégal attaque ce mercredi (20h GMT et à Dakar, 13h à Seattle) un tout autre tournoi face à la Belgique, au Seattle Stadium. Entre promesses offensives, fragilités défensives et poids de l’histoire, les Lions de Pape Thiaw jouent bien plus qu’une qualification : ils disputent un véritable examen de maturité face à une sélection européenne toujours redoutable.

Trois matches, trois scénarios, trois visages. Dominé par la France (1-3), renversé par la Norvège (2-3), puis irrésistible face à l’Irak (5-0), le Sénégal s’est hissé en seizièmes de finale de cette Coupe du monde 2026 en qualité de pire meilleur troisième. Une qualification obtenue dans la douleur mais qui traduit autant les ressources de ce groupe que ses nombreuses zones d’ombre.
À partir de ce mercredi, un nouveau Mondial débute. Les calculs appartiennent au passé. Place aux matches couperets, où la moindre erreur se paie au prix fort. Face à une Belgique moins flamboyante que celle qui avait terminé troisième en 2018 mais plus disciplinée collectivement, les Lions devront présenter un visage bien plus abouti. Comme l’a rappelé Rudi Garcia, le Sénégal demeure un adversaire que personne n’aborde avec légèreté. Encore faut-il le démontrer sur le terrain.

Le défi d’un équilibre enfin retrouvé ?
Le large succès contre l’Irak a redonné confiance à tout un groupe. Mais constitue-t-il un véritable déclic ou une simple parenthèse ? C’est toute la question. Car le principal chantier de Pape Thiaw reste inchangé : la défense préventive.
En cherchant systématiquement à se projeter vers l’avant, le Sénégal s’expose à des transitions qu’il ne maîtrise pas toujours. Les six buts encaissés face à la France et à la Norvège en sont la meilleure illustration. Défendre sur soixante ou soixante-dix mètres après une perte de balle relève souvent de l’impossible contre les meilleures sélections mondiales. Le clean-sheet contre l’Irak constitue un signal encourageant, mais certainement pas une garantie.
Autre indicateur révélateur : avec seulement 3 738 courses à haute intensité depuis le début du tournoi, les Lions ne pointent qu’au 38e rang de la compétition. Face à une Belgique réputée pour son volume de course et sa capacité à répéter les efforts, ce déficit physique pourrait rapidement devenir un facteur déterminant.

Briser le plafond européen
Au-delà de l’aspect tactique, le Sénégal devra également vaincre un obstacle psychologique. Les Lions restent sur deux éliminations consécutives en Coupe du monde face à des sélections européennes : la Turquie en quarts de finale en 2002 (0-1 a.p.) puis l’Angleterre en huitièmes de finale en 2022 (0-3). Pour retrouver une victoire dans un match à élimination directe contre une nation du Vieux Continent, il faut remonter au légendaire huitième de finale de 2002 face à la Suède (2-1 a.p.), conclu par le but en or d’Henri Camara sur une talonnade… de Pape Thiaw, aujourd’hui sélectionneur.
Ce premier affrontement de l’histoire entre le Sénégal et la Belgique s’annonce comme un choc de styles. Les Diables Rouges ont terminé premiers de leur groupe après leur démonstration face à la Nouvelle-Zélande (5-1), portée notamment par un doublé de Leandro Trossard. Si la génération dorée s’est peu à peu dispersée, Kevin De Bruyne demeure un passeur d’exception, Romelu Lukaku reste une menace permanente dans la surface, tandis que la vitesse de Jérémy Doku peut faire exploser n’importe quel bloc défensif. Surtout, la Belgique excelle dans les transitions offensives, précisément le secteur qui met le plus en difficulté les Lions depuis le début du tournoi.
Le Sénégal n’affrontera peut-être plus la Belgique la plus spectaculaire de son histoire, mais sans doute une équipe plus mature, plus équilibrée et en pleine confiance. Pour poursuivre son rêve américain et écrire l’une des plus belles pages de son histoire mondiale, il devra enfin conjuguer ses qualités offensives avec la rigueur défensive qui lui fait encore défaut. C’est à ce prix que les Lions pourront transformer leurs promesses en véritable ambition.

Mouhamed DIEDHIOU