COMMISSAIRE IDRISSA CISSÉ: « Le trafic de drogue peut être limité mais pas éradiqué »
Dans le cadre de la semaine nationale de sensibilisation et de mobilisation contre l’abus et le trafic illicite de drogues, le bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et l’office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont organisé hier pour deux jours (19–26 juin) à Dakar un atelier sous le thème « L’émergence de nouvelles drogues au Sénégal : enjeux et défis pour la jeunesse et les forces de sécurité ».
La consommation et le trafic de drogues restent des défis majeurs pour la sécurité et le développement en Afrique de l’Ouest. Le Sénégal en particulier connaît une propagation des modes de consommation de drogues, caractérisée par une consommation croissante de drogues synthétiques, tel que le kush dont la composition varie, mais elle est généralement un mélange de plusieurs substances psychoactives tel que cannabis, de fentanyl, et de formaldéhyde, et l’ecstasy, ainsi que par la circulation généralisée de médicaments contrefaits, tel que le tramadol. C’est dans ce contexte que le bureau des Nations-Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et ses partenaires ont organisé une rencontre qui vise à réunir les jeunes, les forces de sécurité, les autorités nationales, les organisations régionales et les partenaires internationaux autour de la progression des drogues synthétiques et de nouvelles substances psychoactives qui constitue une menace croissante pour la santé publique, la cohésion sociale et la sécurité. Les participants sont des jeunes du Sénégal (âgés de 15 à 35 ans), des représentants des forces de sécurité (police, gendarmerie, etc.), des organisations de la société civile travaillant sur les questions de drogue et de jeunesse, des représentants du gouvernement, diplomates et responsables d’institutions internationales. ‘’ On a dit et on le dira toujours, le trafic de drogue va persister. Malheureusement, le système des Nations Unies ne promet pas l’éradication, les États ne peuvent pas promettre l’éradication du trafic de drogue. Malheureusement, il faut le noter une fois pour toutes ‘’, a déclaré lors de son allocution le commissaire de police divisionnaire de classe exceptionnelle Idrissa Cissé, coordonnateur national du comité interministériel de lutte contre la drogue. Donc dit-il, leur rôle, c’est de réduire drastiquement l’offre de drogue, c’est-à-dire le trafic de drogue. Selon lui pour ceux qui relèvent du trafic, la répression est systématique, il n’y a pas de négociation avec les réseaux criminels qui s’adonnent au trafic. Donc d’après le commissaire Idrissa Cissé toutes les unités sont mobilisées pour ça, la communauté internationale est mobilisée pour ça, la CEDEAO est mobilisée pour ça. Il a ainsi ajouté qu’au niveau national, l’Encryptis, le GLAD, la douane, la preuve est là. ‘’ Donc chaque fois que vous entendez des saisies de drogue sur les axes routiers, dans les ports, dans les aéroports, ça veut dire que l’État est présent, prêt à attaquer ces réseaux criminels qui sont impliqués dans le trafic. Maintenant à côté, nous avons les usagers qu’il faut traiter autrement ‘’ , dit-il. Le commissaire Cissé a également fait savoir qu’ils ont leurs droits, c’est des droits humains. Il a expliqué que le clair du temps consacré dans nos constitutions respectives, il faut intégrer la dimension humaine du traitement réservé aux usagers de drogue. C’est pourquoi dit-il le Sénégal a créé le CEPIAD, centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar, pour traiter les usagers de drogue parce que malheureusement, selon lu le clair du temps, ils sont stigmatisés, marginalisés.
Mame Ndella Faye

