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REFORME CODE DU TRAVAIL: ‎Les syndicats menacent d’aller en grève générale

Le Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT) est entré en résistance contre les projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. Réunis ce samedi 20 juin 2026 à la maison des travailleurs de la CNTS, les responsables syndicaux ont dénoncé une démarche « unilatérale » du gouvernement et annoncé une série d’actions pouvant culminer par une grève générale dès le mois de juillet. Face à la presse, les dirigeants du FSDT ont exprimé leur profonde indignation après l’introduction des projets de loi à l’Assemblée nationale. Selon eux, cette étape a été franchie sans qu’une concertation véritable, transparente et inclusive ne soit menée avec les partenaires sociaux, en contradiction avec les engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale.
‎Le FSDT dénonce un « passage en force ». Prenant la parole au nom du Front syndical, le secrétaire général de la CNTS, Mody Guiro, a accusé les autorités de remettre en cause les fondements du dialogue social au Sénégal. Selon lui, la procédure engagée par le gouvernement constitue une violation des principes de concertation qui doivent présider à toute réforme touchant directement les travailleurs. Le leader syndical estime également que cette démarche s’écarte des engagements internationaux ratifiés par le Sénégal en matière de dialogue social et de protection des droits des travailleurs. Des inquiétudes sur la précarisation de l’emploi. Au cœur des préoccupations des organisations syndicales figurent plusieurs dispositions relatives au contrat à durée déterminée (CDD). Le FSDT s’oppose particulièrement à la possibilité d’étendre la durée du CDD de deux à quatre ans, avec la faculté de le renouveler jusqu’à trois fois. Une mesure qui, selon les syndicats, risque d’installer durablement les travailleurs dans la précarité et de fragiliser davantage leur situation professionnelle. Les responsables syndicaux redoutent également un affaiblissement de la représentation syndicale au sein des entreprises ainsi qu’un recul de plusieurs acquis sociaux obtenus au terme de longues années de luttes. Vers une montée en puissance de la contestation. Pour organiser la riposte, le Front Syndical pour la Défense du Travail a annoncé la tenue d’une grande assemblée générale des travailleurs le 3 juillet prochain à la maison des travailleurs de Keur Madia. Cette rencontre sera consacrée à l’évaluation de la situation et à la définition des prochaines étapes de la mobilisation. Parmi les options envisagées figure le lancement d’un mot d’ordre de grève générale de 24 heures le 10 juillet 2026, si les autorités maintiennent leur position. Un appel à la mobilisation nationale. Le FSDT appelle l’ensemble des travailleurs, retraités, syndicats et forces vives de la nation à se mobiliser pour défendre ce qu’il considère comme des droits fondamentaux menacés par les réformes en cours. Pour les organisations syndicales, la bataille engagée dépasse la seule question des textes législatifs. Elle porte, selon elles, sur la préservation des acquis sociaux, la protection de l’emploi et le respect du dialogue social dans la conduite des politiques publiques. À quelques semaines de l’examen des projets de réforme, le bras de fer entre le gouvernement et les centrales syndicales semble désormais engagé, avec le risque d’un mouvement social d’ampleur si aucun compromis n’est trouvé.

Mariem DIA