RECONNAISSANCE DU MODÈLE DE DIALOGUE INTERRELIGIEUX SÉNÉGALAIS AU VATICAN: Le Pape Léon XIV a reçu le Khalife Général de Bambilor Thierno Amadou BA
Le Saint-Siège a été le théâtre, ce jour, d’une rencontre diplomatique et spirituelle d’exception entre Sa Sainteté le Pape Léon XIV et une haute délégation sénégalaise conduite par le Khalife de Bambilor, Thierno Amadou BA.
Au cours de cet échange, le souverain pontife a officiellement magnifié l’œuvre du Khalife, « Ambassadeur de la Paix », soulignant l’importance des conventions de partenariat signées pour renforcer le dialogue entre les cultures. Le Pape a réitéré son admiration pour le Sénégal, qu’il considère comme un laboratoire mondial de coexistence pacifique. La délégation, symbole de l’unité nationale, comprenait notamment :Monseigneur André GUEYE, Archevêque de Dakar ; Le Père Zacharie Ndione, représentant la congrégation des Spiritains ; Le Dr Demba Thilel DIALLO, de l’Université de Dakar. En signe de fraternité, le Khalife a remis au Pape un lion en bronze massif de 17 kg aux couleurs du Sénégal, sous l’égide de l’ambassadeur Isidore SENE.
Cet acte consacre la vitalité des relations entre la République du Sénégal et le Saint-Siège.
Vatican, le 09 mai 2026
Aly Saleh, CTCom du Khalife Général de Bambilor
+221775354916
Le Pape et les chefs musulmans du Sénégal ce samedi 9 mai au Vatican. (@VATICAN MEDIA)
PAPE
Le Pape invite musulmans et chrétiens du Sénégal à ne pas instrumentaliser le nom de Dieu
«Condamner toute forme de discrimination et de persécution fondée sur la race, la religion ou l’origine; refuser toute instrumentalisation du nom de Dieu»; Léon XIV a invité les représentants musulmans sénégalais, accompagnés de responsables catholiques, à un engagement commun en faveur d’un dialogue fondé sur la paix, la justice et la vérité. Le Pape les a reçus en audience ce samedi matin.
Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican
Rencontrer les confréries et les communautés musulmanes du Sénégal a été pour Léon XIV ce samedi matin 9 mai l’occasion de revenir sur son récent voyage en Afrique du mois d’avril et de reprendre certains des propos tenus notamment au Cameroun : le dialogue interreligieux est «un moyen précieux pour atténuer les tensions et construire une paix durable». En favorisant ce dialogue, a dit l’évêque de Rome, «la politique et la diplomatie peuvent s’appuyer sur des forces morales capables d’apaiser les tensions, de prévenir les radicalisations et de promouvoir une culture d’estime et de respect mutuel».
Sénégal, pays de la tarenga
Léon XIV a souligné la tradition d’hospitalité et de solidarité du Sénégal, contenue dans le mot «tarenga» en langue wolof, et qui façonne l’identité des sénégalais. «Cette rencontre est une expression significative de notre amitié et de notre engagement commun à promouvoir une société inclusive, pacifique et fraternelle», a affirmé le Successeur de Pierre devant les représentants musulmans et chrétiens participant à cette audience. Il y a, dans cette tradition d’hospitalité sénégalaise, un «trésor de fraternité, qu’il convient de sauvegarder avec soin», comme «un bien précieux non seulement pour votre nation, mais pour l’humanité tout entière».
Ceci est d’autant plus important dans un contexte africain où «des conflits armés persistent», avec leur flot de conséquences: «de graves carences humanitaires, des inégalités profondes qui éprouvent chaque jour des populations entières, sans oublier la montée inquiétante de l’extrémisme violent. À cela s’ajoutent des flux croissants de migrants et de réfugiés, des discours de haine qui empoisonnent le tissu social, la fragilisation du lien familial et l’érosion des repères éthiques et spirituels, particulièrement chez les jeunes» a précisé Léon XIV.
Dialogue et responsabilité commune
Dans une telle situation, «le monde a besoin d’une diplomatie et d’un dialogue religieux fondés sur la paix, la justice et la vérité.» Et le Pape d’insister sur le caractère fondamental du dialogue entre chrétiens et musulmans, qui croient «ensemble que tout être humain est façonné par les mains de Dieu, ainsi revêtu d’une dignité que nulle loi ni aucun pouvoir humain n’a le droit de confisquer.»
Les deux religions ont une responsabilité commune, a poursuivi le Souverain pontife: «condamner toute forme de discrimination et de persécution fondée sur la race, la religion ou l’origine; refuser toute instrumentalisation du nom de Dieu à des fins militaires, économiques ou politiques; élever notre voix en faveur de chaque minorité qui souffre.»
Ainsi, a conclu le Pape, «Je prie pour que Dieu, le Tout-Puissant, fasse renaître le désir de mieux nous comprendre mutuellement, de nous écouter les uns les autres et de vivre ensemble dans le respect et la fraternité. Qu’Il nous accorde le courage d’emprunter la voie du dialogue, de répondre aux conflits par des gestes de fraternité et d’ouvrir nos cœurs aux autres, sans craindre les différences», et souhaitant «une collaboration toujours plus profonde pour le bien de l’humanité».





