PROMOTION DE L’EMPLOI: Une convention État-Employeurs rénovée pour dynamiser le secteur privé
Dans le cadre de la promotion de l’emploi, l’État du Sénégal et les organisations d’employeurs ont franchi un nouveau cap avec la signature d’une convention nationale rénovée. Paraphé hier en présence des ministères concernés, du patronat et du Bureau international du travail (BIT), cet accord vise à renforcer le partenariat public-privé au service de l’emploi.
Baptisée « And Yombal Xëy », cette nouvelle convention marque un tournant dans les relations entre l’État et le secteur privé. Elle ambitionne de créer un cadre de coopération plus efficace, tout en facilitant l’insertion professionnelle des jeunes à travers des passerelles concrètes vers l’emploi.
Pour le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du secteur public, Olivier Boucal, cette signature constitue « une étape décisive dans la consolidation du partenariat public-privé au service de l’emploi, de la croissance inclusive et du progrès social ».
Il a également souligné que cette initiative s’inscrit dans une dynamique de modernisation du cadre juridique, notamment avec l’adoption récente des projets de Code du travail et de Code de sécurité sociale en Conseil des ministres.
« Ces réformes structurantes traduisent notre ambition de mieux adapter notre législation aux réalités du marché du travail et aux exigences de justice sociale », a-t-il précisé, ajoutant qu’elles constituent un socle essentiel pour la mise en œuvre des engagements contenus dans la convention.
Conclue pour la première fois en 1987 et revisitée en 2000, cette convention a été actualisée à l’issue d’un processus inclusif intégrant les mutations profondes du monde du travail. Face à une population active en constante augmentation, le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation structurelle de l’économie, de soutenir l’investissement productif et de renforcer la compétitivité des entreprises.
Au-delà du volume d’emplois, l’accent est désormais mis sur leur qualité. « La promotion du travail décent, à travers le Programme Pays pour la Promotion du Travail Décent (PPTD 2025-2029), doit rester au cœur de nos politiques publiques », a affirmé Olivier Boucal.
Cela passe notamment par le respect du droit du travail, l’amélioration des conditions de travail, la sécurité et la santé des travailleurs, ainsi que l’extension de la protection sociale, y compris au secteur informel.
Toutefois, le ministre a tenu à rappeler que la signature de cette convention n’est qu’un point de départ. « Elle marque le début d’une nouvelle phase, celle de la mise en œuvre effective des engagements. Nous devons veiller à produire des résultats concrets et mesurables en matière d’emploi, de conditions de travail et de protection sociale », a-t-il insisté.
« Un moment charnière pour l’économie sénégalaise »Dans la même veine, le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, a souligné l’ampleur des défis. « Le marché du travail, marqué par une forte informalité et un taux de chômage élevé, exige des réponses structurées, ambitieuses et durables », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la Politique nationale de l’emploi 2026-2034 vise la création d’emplois productifs et décents, l’amélioration de l’employabilité, le développement de l’entrepreneuriat et le renforcement de l’écosystème du marché du travail. Dans ce dispositif, la convention État-employeurs occupe une place centrale.
« Elle constitue bien plus qu’un simple dispositif d’insertion professionnelle. C’est un instrument opérationnel de la politique nationale de l’emploi, un levier stratégique pour traduire les orientations publiques en actions concrètes au bénéfice des jeunes et des entreprises », a-t-il expliqué.
Du côté de l’Organisation internationale du travail (OIT), partenaire clé de cette initiative, l’engagement est également affirmé. La directrice du Bureau pays pour le Sénégal, la Gambie et la Guinée, Samira Daoud, a salué une convention qui intervient « à un moment charnière pour l’économie sénégalaise ».
Selon elle, la réussite de ce dispositif dépendra de la capacité collective des acteurs à honorer leurs engagements. « Nous réaffirmons notre disponibilité à accompagner le gouvernement, le patronat et les partenaires sociaux afin que cette convention produise des résultats concrets, dans un climat professionnel sain et exigeant », a-t-elle assuré.
Mamadou Lamine CAMARA

