Société

ACCÈS À L’EAU POTABLE DANS LES ZONES FRONTALIÈRES: A Djinany, des volontaires font mieux que l’État

En l’absence notable de l’État, des volontaires arabes, à travers l’ONG Africa Relief, multiplient les initiatives pour améliorer l’accès à l’eau potable dans le sud du Sénégal.

Dans la commune de Djinany, dans le département de Bounkiling (région de Sédhiou), une dizaine de villages bénéficient désormais de mini-forages, offrant ainsi une eau de qualité à des milliers de personnes.Dans de nombreuses régions rurales du monde, l’accès à l’eau potable demeure un défi majeur.

Malgré les efforts des gouvernements et des organisations internationales, les services d’approvisionnement restent souvent insuffisants. Pourtant, des initiatives locales portées par des volontaires viennent parfois combler ce déficit, comme c’est le cas dans les zones frontalières du Sénégal.

À Djinany, des volontaires arabes, par l’entremise de l’ONG Africa Relief, ont permis à des milliers de personnes d’accéder à l’eau potable. Constatant la rareté de cette ressource dans cette partie sud du pays, ils ont entrepris la construction de mini-forages et de systèmes de traitement de l’eau. Leurs actions ont considérablement amélioré la santé, le bien-être et les conditions de vie des populations.

Ces réalisations s’inscrivent dans une dynamique plus large. Après la construction de deux mosquées de haut standing, accompagnées chacune de mini-forages, de toilettes et de panneaux solaires pour l’éclairage, à Saré Diayé et Mansabang, l’ONG a étendu ses infrastructures hydrauliques à plusieurs villages : Bandoumba Mamadou, Diawnar Gorgui, Diawnar, Saré Sané (commune de Djinany), ainsi que Saré Fodé (commune de Ndamalathiel).

Les habitants consomment désormais une eau de qualité

Présente dans la zone depuis deux à trois ans, l’ONG Africa Relief change concrètement le quotidien des populations. Aujourd’hui, puiser de l’eau dans des puits de plus de cent mètres de profondeur relève du passé. Les ménages disposent désormais de robinets à domicile.À l’occasion de l’inauguration de ces infrastructures, les populations n’ont pas caché leur satisfaction.

« Nous sommes très comblées aujourd’hui de disposer de robinets dans nos maisons. Nous remercions toutes les personnes qui ont participé à la réalisation de ces infrastructures », s’est réjouie Oury Sow.Pour Coumba Ba, de Saré Sané, l’accès à l’eau relevait auparavant du parcours du combattant. « Nous sommes très satisfaites et nous ne remercierons jamais assez les personnes qui ont participé à la réalisation de ces projets gracieusement pour les nécessités », confie-t-elle.

Même satisfaction du côté des autorités locales. Seydou Diao, porte-parole du chef de village de Saré Fodé, souligne l’impact multidimensionnel de ces ouvrages : consommation domestique, abreuvement du bétail et développement du maraîchage, source de revenus supplémentaires pour les populations.

Sur le terrain, les effets sont visibles : les habitants consomment désormais une eau de qualité et en quantité suffisante. Point focal du projet dans la zone de Bounkiling, Oumar Diawo insiste sur la vocation humanitaire de ces actions.

« Je remercie mes partenaires de Africa Relief et Africa Relief USA, qui ont rapidement répondu à mes doléances. Je prie au bon Dieu qu’on étende ces projets dans les villages de la commune et même au-delà. Partout où le besoin se fait sentir dans le pays, voire même dans la sous-région. Nous continuerons à œuvrer dans ce sens », souligne-t-il.

« Nous allons poursuivre le travail »

Présent lors de l’inauguration, le maire de la commune, Moussa Fadéra, a également exprimé sa satisfaction.« Nous avons salué vraiment l’ONG, parce qu’elle fait énormément de choses. Pas seulement au Sénégal, mais dans la sous-région.

Nous, en tant qu’autorité bénéficiaire, nous avons vraiment apprécié. Et tout à l’heure, je venais de Boghal, chez le sous-préfet, pour signer d’ailleurs la convention avec l’ONG Africa Relief afin de formaliser le partenariat », déclare l’édile pour qui, ces réalisations sont loin d’être négligeables et méritent d’être consolidées dans la durée.

Malgré les progrès enregistrés par le Sénégal en matière d’accès à l’eau potable, la réalité reste contrastée dans certaines zones rurales. A Djinany notamment, l’engagement de volontaires démontre qu’avec des moyens limités, mais une forte volonté, il est possible de transformer durablement les conditions de vie.

Directeur général de l’ONG, El Hadji Camara a ainsi réaffirmé son ambition d’étendre ces projets. « Nous sommes très satisfaits de l’eau et des autres infrastructures annexes réalisées pour les nécessiteux. Nous allons poursuivre le travail », avance-t-il, non sansinvité les populations à veiller à l’entretien des ouvrages, condition essentielle pour garantir leur durabilité.

Abdoulaye DIAO