Contribution

AU-DELÀ DE TOUT : RECONNAÎTRE LE POTENTIEL INTELLECTUEL DE SONKO.Par Mohamed GASSAMA


L’on aurait raison de se demander si certains sénégalais se rendent compte de ce que le pays perd en refusant d’écouter ses cerveaux. Quelques instants seulement après la conférence historique, tenue au Musée des Civilisations noires, un débat, né de l’imaginaire d’une frange de politiciens, a malheureusement plongé le Sénégal dans un tollé sans objet. En effet, le statut institutionnel et l’avis tranché du leader charismatique de « PASTEF », à propos de l’imprévisible TRUMP, auront soulevé moult questions, du côté du Pouvoir comme de l’Opposition et de la Société civile. Les plateaux de télévision et les groupes « WhatsApp » se sont si fortement enflammés que l’on penserait à un cataclysme. Chacun y est allé de son propre commentaire comme si le monde s’effondrait. Dans tous les cas, la communication assertive, urbi et orbi, de Monsieur Ousmane SONKO n’aura laissé personne indifférent. Elle a eu le mérite de susciter un réel engouement tant au Sénégal, en Afrique que dans le monde.
Si l’on en est arrivé là, c’est parce que le fait a été suivi d’effet. Mieux, parce que l’auteur du fait, à savoir, SONKO, a adopté une posture d’intellectuel face à une question factuelle.
L’on conviendra aisément avec nous que disserter sur des sujets aussi complexes que la place de l’Afrique dans l’échiquier mondial, la souveraineté des États, la géopolitique, le multipolarisme « et cætera » requiert des compétences cognitives mais également des compétences intellectuelles avérées.
Il ne s’agit pas d’un simple exercice de locution politique ou d’un jeu de formules diplomatiques. Il s’agit d’un moment de compréhension, d’analyse, de réflexion et d’argumentation. Partant de là, il sied de souligner que ce travail ne saurait se résumer à un rassemblement de mots ou à un alignement de phrases pompeuses. Il appelle à une prise de conscience, à une rigueur dans la méthode et à une organisation dans le rendu.
En clair, le but n’est pas de savoir qui a raison ou qui a tort mais d’identifier celui qui arrive à bien étayer ses arguments dans un développement construit.
Hélas, les personnes non averties, dont la vision ne dépasse pas la partie émergée de l’iceberg, auront toujours du mal à cerner la dimension intellectuelle d’un homme ou d’une œuvre.
De même, ils rencontreraient d’énormes difficultés si on leur demandait de faire, par exemple, le distinguo entre l’implicite et l’explicite, le fond et la forme ou encore la synonymie et l’antonymie.
En effet, un intellectuel semble passer pour un incompris tant sa dissertation peut allier, en même temps, une thèse, une antithèse et une synthèse. De ce fait, l’on peut facilement se perdre si l’on ne fait pas preuve d’écoute active ou si on reste adepte des styles anachroniques.
Grosso modo, les temps ont changé. Nous ne vivons plus dans un système féodal.
La Liberté, recouvrée après d’âpres luttes d’émancipation, inspire l’intellectuel. Il ne s’exprime pas pour plaire mais pour défendre une opinion de façon à marquer, positivement ou négativement, ses interlocuteurs. Ce fut le cas de SONKO dont l’intervention rappelle toute la symbolique d’une leçon inaugurale, alternant harmonieusement l’histoire, la culture, l’économie et la politique internationale.
Hélas, ce caractère multidimensionnel du leader des patriotes africains ne peut être appréhendé quand on traîne un handicap intellectuel.
Espérons que la multiplication des joutes verbales sur des sujets majeurs aidera à hausser le niveau de certains observateurs.
Justement, c’est le lieu de féliciter et d’encourager les initiateurs de l’événement d’autant plus que, de nos jours, le débat public se trouve au bas de l’échelle.
Il faut également se réjouir de la rencontre car elle a permis de réunir à Dakar deux sommités intellectuelles. Cela ne court pas les rues, avouons-le.
Ainsi, serait-il juste d’assimiler le face-à-face « BONIFACE-SONKO » à un rendez-vous du donner et du recevoir, pour paraphraser le Président-poète Léopold Sédar SENGHOR.
Sans aucun doute, les sénégalais ainsi que les intellectuels du monde entier, ont vivement salué la qualité des débats, toutes choses qui confirment qu’ils ont vraiment besoin d’une régénération de l’intellect et d’un rafraîchissement de l’intelligentsia.
À dire vrai, depuis un bon moment, le Sénégal souffre gravement d’un manque de joutes intellectuelles à la hauteur de nos ambitions. C’est pour cela que les grands esprits, qui discutent des idées, contrairement à d’autres, qui ne discutent que des gens, se sont réjouis des échanges de très haut niveau entre Pascal BONIFACE, fondateur et Directeur de l’Institut des Relations internationales et stratégiques ( IRIS ) et Ousmane SONKO, Président du Parti « PASTEF », les Patriotes.
Venant à l’exégèse de la soutenance de SONKO, l’un des vingt Maîtres du monde, l’on dira qu’elle s’est fondée sur la confiance en son peuple, la clarté et la solidité des arguments et la maîtrise du sujet.
Bref, au delà du bruit et des polémiques, il faut reconnaître que SONKO dispose d’un fort potentiel intellectuel et qu’il appartient désormais à la short list des bâtisseurs de l’histoire contemporaine. Ces derniers se distinguent notamment par leur engagement à faire travailler leur esprit et à participer résolument à la construction de la paix, de l’humanisme et de l’entente entre les différentes Nations et Civilisations du monde.
Nous ne le déclarons pas ex nihilo. Nous fondons notre assertion sur des postulats universels dont le principe de probité. Il nous oblige à signifier que notre propos ne s’inscrit nullement dans une opération de justification ou de promotion de l’uniformité. Notre conclusion procède plutôt d’une démarche scientifique qui vise à valoriser la diversité des points de vue.
Loin de nous donc l’idée de faire prévaloir une thèse qui soit partagée par tous, partout et à tout moment.
Sous ce rapport, nous nous sommes bien gardés d’utiliser le présent de vérité générale comme seul temps de conjugaison.
Nous avons opté pour diverses valeurs temporelles pour exprimer nos idées et notre intention de contribuer au débat national.
Personne ne détient la science infuse. Personne n’a le monopole de la vérité. C’est pour dire que nous ne saurions être tous d’accord sur des sujets de désaccord. D’où l’intérêt de relativiser les choses en admettant à chacun et à chacune le droit d’avoir voix au chapitre.
Cette précision s’imposerait à toutes et à tous ceux qui voudraient entrer avec intelligence dans l’intenable cosmos qui abrite les intellectuels du siècle présent.