Société

LIVRE SUR LE 2E SACRE DU SÉNÉGAL: Babacar Khalifa Ndiaye grave la mémoire des Lions dans le marbre

À la Maison de la presse Babacar Touré, le journaliste a présenté, hier, « Une deuxième étoile du plus bel éclat », un ouvrage dense et engagé qui raconte, au-delà du terrain, une CAN historique du Sénégal, entre exploits sportifs et turbulences institutionnelles.

Il y avait du monde, et surtout du sens, ce mercredi à la Maison de la presse Babacar Touré. Journalistes, anciens internationaux, dirigeants et figures du sport sénégalais ont répondu présents pour célébrer la sortie de « Une deuxième étoile du plus bel éclat », sixième ouvrage de Babacar Khalifa Ndiaye. Une affluence à la hauteur de l’homme et de son œuvre : celle d’un témoin privilégié, fort de quatre décennies de carrière, 18 CAN et 7 Coupes du monde dans les bagages.
Structuré en 14 chapitres, enrichi de séquences originales, « Échauffement », « Prolongations », « Temps additionnel », le livre s’impose comme une fresque complète (112 pages) de la dernière épopée continentale des Lions. Mais au-delà du récit sportif, c’est un véritable travail de mémoire que revendique l’auteur. « Un livre pour l’histoire », dit-il, la voix chargée d’émotion, en saluant mentors et compagnons de route.
Au cœur de son propos, Babacar Khalifa Ndiaye assume un parti pris clair : celui d’avoir cru très tôt au sacre sénégalais. Il explique avoir sous-titré son ouvrage dans cette logique, convaincu dès le départ de la capacité des Lions à aller au bout, grâce à un mélange de sérieux et d’efficacité qui avait parfois fait défaut par le passé. Pour lui, ce titre ne souffre d’aucune contestation, tant il a été acquis dans des conditions difficiles, marquées par des tensions, des polémiques et des épreuves extra-sportives. Une réalité qui a renforcé sa volonté d’écrire, afin de « graver dans le marbre » un sacre qu’il juge pleinement légitime.
Dans ce plaidoyer vibrant, l’auteur insiste également sur la dimension collective de l’ouvrage, saluant l’apport des journalistes, de la diaspora et de son préfacier Cheikh Tidiane Fall, qu’il considère comme un guide constant. Il revient enfin sur la symbolique du titre : après une première étoile déjà « belle », celle-ci lui apparaît encore plus éclatante, au regard de la maîtrise affichée par le Sénégal tout au long du tournoi. À ses yeux, seule la RDC a su rivaliser, preuve supplémentaire de la supériorité des Lions dans cette compétition.
Dans un contexte alourdi par les remous post-compétition, notamment la décision controversée du Jury d’appel de la CAF, l’ouvrage a dû être repensé jusqu’à la dernière minute. Le préfacier Cheikh Tidiane Fall évoque même un « braquage administratif », qui a conduit à remanier la pagination pour intégrer ces développements. Une contrainte transformée en force narrative, renforçant la dimension documentaire du livre.
L’une des grandes réussites de Khalifa Ndiaye réside dans son choix d’élargir le champ des voix. Journalistes, membres de la diaspora, artistes, supporters : tous ont participé à cette mémoire collective. Une richesse saluée par Abdoulaye Thiam, président de l’ANPS, qui souligne « un récit qui va du premier match à la finale, en sortant des sentiers battus ».
Le regard technique n’est pas en reste. Le parcours des 28 Lions est disséqué, du « mur de Dakar » Édouard Mendy au renouveau d’Idrissa Gana Gueye, en passant par l’impact tactique du sélectionneur Pape Thiaw, qualifié de « stratège ». La finale, tendue et polémique, devient le point d’orgue d’un récit où le terrain, insiste-t-on, reste le seul juge légitime.
Au fil des interventions, un fil rouge se dessine : celui de la transmission. « Ce livre est un miroir de notre CAN », résume Dr Mamadou Koumé. Un miroir fidèle, façonné par une plume exigeante, qui refuse l’oubli et inscrit, noir sur blanc, l’éclat d’une deuxième étoile que nul verdict ne saurait ternir.

Mouhamed DIEDHIOU