Société

Mgr Benjamin Ndiaye et l’abbé Jacques Seck nommés Chevaliers de l’Ordre national du Lion

Le 26 mars 2026, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a signé le décret n° 2026-689 portant promotion dans l’Ordre national du Lion au titre de l’année 2026. Parmi les 335 personnalités nommées Chevalières figurent deux prêtres catholiques sénégalais : Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque émérite de Dakar, et l’abbé Jacques Seck, pionnier du dialogue islamo-chrétien. La République honore deux vies données au service de la nation.

L’article 3 du décret n° 2026-689, contresigné par le Premier ministre Ousmane Sonko, au grade de Chevalier, sur proposition de la Grande Chancellerie de l’Ordre national du Lion, deux ecclésiastiques catholiques retiennent l’attention : Mgr Benjamin Ndiaye et l’abbé Jacques Seck.

Né et baptisé le 28 octobre 1948 à Fadiouth, Benjamin Ndiaye a été ordonné prêtre le 21 août 1977 dans sa ville natale par le cardinal Hyacinthe Thiandoum. Après des études à l’École biblique de Jérusalem, il a rejoint le Grand Séminaire Libermann de Sébikhotane comme professeur d’Écriture sainte de 1983 à 1993, et a lancé à partir de 1987 l’émission «Le Jour du Seigneur» à la télévision sénégalaise. Il a soutenu en 1996 un doctorat en théologie biblique à l’Institut catholique de Paris. Nommé évêque de Kaolack en 2001 par Jean-Paul II, il est devenu le 22 décembre 2014 quatrième archevêque de Dakar, sur nomination du pape François, et a été installé le 21 février 2015 à la cathédrale Notre-Dame des Victoires. Le 22 février 2025, le Saint-Père a accepté sa demande de retraite. Mgr André Guèye lui a succédé.

À ses côtés dans ce même décret, l’abbé Jacques Seck incarne une autre manière de servir l’Église et la nation. Instituteur de formation, il a été ordonné prêtre le 27 décembre 1969, à 35 ans. Il a exercé successivement comme vicaire général de l’archidiocèse pendant douze ans, puis comme assistant du cardinal pendant onze ans, avant de rejoindre Joal comme curé et d’y fonder les paroisses de Mbao et de Keur Massar. Aumônier des malades à Dakar, il a animé également une émission radiophonique sur les relations interreligieuses. Grâce à sa maîtrise du Coran et de la langue arabe, il citait de mémoire, dans ses homélies, des versets coraniques en arabe, qu’il mettait en regard de passages bibliques. Sa crédibilité auprès des familles confrériques a été telle qu’il a obtenu d’un homme d’affaires musulman le financement de la grande mosquée de Palmarin. En 2021, les ONG Jamra et Mbañ Gacce l’ont consacré «Personnalité de l’année» pour son oeuvre au service de la paix. Un film documentaire lui a été consacré, sous le titre «Prêtre musulman, imam chrétien». Il a pris sa retraite en 2013, après plus de quarante ans de sacerdoce.

La présence de ces deux prêtres dans le même décret présidentiel atteste de la place que tient l’Église catholique au Sénégal : celle d’un acteur engagé dans l’éducation, la santé et le dialogue entre les religions. Fondé en 1960, l’Ordre national du Lion récompense un seul critère : le service rendu à la nation.