LES LIONS HAUSSENT LE TON: Edouard Mendy charge frontalement la CAF
Au-delà du succès face au Pérou (2-0), les internationaux sénégalais ont profité de la soirée parisienne pour régler leurs comptes avec la Confédération Africaine de Football (CAF). En première ligne, Édouard Mendy, auteur d’une sortie aussi rare que virulente.
La victoire était attendue, la prise de parole l’était moins. Après le succès logique des Lions, les micros de la zone mixte ont capté une colère contenue depuis plusieurs jours. Et c’est Édouard Mendy qui a ouvert le feu, sans détour. Le portier d’Al-Ahli n’a pas mâché ses mots, dénonçant une décision « incompréhensible » et surtout une gouvernance déconnectée des réalités du terrain.
« On est un peu été surpris et dans l’incompréhension. On est aussi énervés qu’on puisse ôter à une équipe qui a gagné son titre sur le terrain et le lui a enlevé de cette manière. Malheureusement, je ne suis pas surpris venant d’une instance comme la CAF, qui, malheureusement, n’avance pas aussi vite que son football. Les acteurs de ce sport en Afrique donnent tous les jours, aux quatre coins du monde, le meilleur d’eux-mêmes pour mettre le football africain sur la plus haute marche du football mondial. Malheureusement, il y a une poignée de personnes qui décident du sort de notre sport dans ce continent. Des personnes qui ne sont tout simplement pas à la hauteur pour plusieurs raisons. Ce n’est pas seulement depuis cette Coupe d’Afrique (2025). On va dire que cette CAN a été la goutte de trop. Il est clair que dans les prochaines semaines ou les prochains mois, cette instance devra se remettre en question et faire une refonte claire. Aujourd’hui, c’est une instance bancale qui nous dirige et qui ne nous met pas dans les meilleures dispositions aux yeux du monde », a-t-il fustigé.
Plus qu’un coup de gueule, une mise en accusation globale. Pour Mendy, la CAN 2025 n’est que « la goutte de trop », révélatrice d’un malaise structurel. Arbitrage contesté, communication décriée, décisions incohérentes, le gardien sénégalais pointe une institution « qui marche la tête à l’envers ». « Mais en même temps, vous vous rendez compte, le directeur des arbitres à la CAF a fait une interview pour statuer sur ce qui s’est passé et il dit que c’est de la faute du gardien. Ça montre que la CAF est une instance qui marche la tête à l’envers. Quand vous êtes directeur des arbitres et vous dites qu’avoir des serviettes sur le terrain est anti-sportif, on marche sur la tête. Et c’est malheureusement ces gens-là qui dirigent notre football. À un moment donné, il y a une grosse remise en question à faire, une grosse refonte. Que chaque personne prenne ses responsabilités pour que le football africain brille de la même manière sur le terrain et en dehors », a-t-il ajouté.
Dans son sillage, Krépin Diatta a adopté un ton plus mesuré, mais tout aussi ferme sur le fond. « Le monde entier a vu qu’on a gagné ce trophée dignement », a-t-il rappelé, renvoyant désormais l’issue du dossier au Tribunal arbitral du sport (TAS). Même sérénité affichée par Mory Diaw, confiant dans les instances sénégalaises et convaincu que le titre ne leur échappera pas.
Mouhamed DIEDHIOU

