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COUVERTURE DES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS: L’ANPS et la CJRS mettent les journalistes à niveau

À quelques mois de la prochaine Coupe du monde de football prévue aux États-Unis, au Canada et au Mexique, l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) et la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) ont co-organisé, vendredi dernier, un « ndogou presse » à la Maison de la Presse Babacar Touré.

Placée sous le thème « La couverture des grands événements sportifs », cette rencontre a permis à plusieurs professionnels des médias de partager leurs expériences et de rappeler que la couverture d’une grande compétition sportive exige une préparation rigoureuse en amont.

Le panel a réuni Ndéye Ndome Thiouf, chargée de communication au ministère de la Jeunesse et des Sports, Aliou Goloko, officier média à la CAF, et Babacar Khalifa Ndiaye, ancien chef du service Sports du quotidien national Le Soleil, avec le jounaliste-formateur Mamadou Koumé comme modérateur.

Une préparation indispensable pour une couverture pertinenteDans son exposé, Babacar Khalifa Ndiaye a insisté sur l’importance du travail préparatoire pour les journalistes appelés à couvrir une compétition sportive. Selon lui, le journaliste doit se documenter minutieusement et recueillir un maximum d’informations sur les équipes, les dispositifs organisationnels et les différents acteurs impliqués.

« Ce travail de préparation permet ensuite de produire une couverture riche et pertinente. Couvrir une Coupe du monde, un Afrobasket ou une CAN n’est pas la même chose que couvrir des Jeux africains ou des Jeux universitaires », explique le journaliste qui a couvert une quinzaine de CAN.

Il souligne également que certaines compétitions se déroulent sur un seul site, tandis que d’autres sont réparties sur plusieurs lieux parfois très éloignés, ce qui complique l’organisation du travail journalistique.

Les faits et les données, base du journalisme sportif

Babacar Khalifa Ndiaye rappelle également que la précision des informations est essentielle dans le journalisme sportif. « Les faits sont sacrés. Les fiches techniques d’un match sont fondamentales : qui a marqué, à quelle minute, quels changements ont été effectués, quelles statistiques ressortent », explique-t-il.

Ces données constituent non seulement la base du travail journalistique, mais également une mémoire pour l’histoire du sport. Cependant, au-delà des chiffres, le journaliste doit aussi être capable d’analyse.

« Le sport est fait de statistiques, mais aussi d’interprétations, de compréhension du jeu, des règles et des stratégies », ajoute-t-il, indiquant que même lorsque la compétition s’achève, le travail du journaliste ne s’arrête pas.

« Il faut faire le bilan, analyser les performances, identifier les tendances et comprendre ce qui a fonctionné ou non », souligne-t-il.

S’adressant particulièrement aux jeunes journalistes, Babacar Khalifa Ndiaye a insisté sur deux principes essentiels : l’autonomie et la recherche de la vérité. D’après lui, le journaliste sportif doit rester professionnel et continuer à apprendre, car aujourd’hui le sport dépasse largement le cadre du simple divertissement.

« C’est devenu un enjeu économique, politique et stratégique. Le journaliste doit rester vigilant pour éviter les manipulations et ne jamais vendre son indépendance », avertit-il.

Une école de formation sur le terrainDe son côté, Aliou Goloko, officier média de la CAF, estime que la couverture des grandes compétitions constitue également une formidable école de formation pour les journalistes.

« L’expérience acquise sur le terrain vaut parfois autant que plusieurs années d’études. Aujourd’hui, les jeunes journalistes sénégalais ont beaucoup de chance, car le Sénégal participe à presque toutes les grandes compétitions internationales, notamment en football », a-t-il indiqué.

Cette présence régulière sur la scène sportive mondiale offre ainsi de nombreuses opportunités d’apprentissage et d’expérience.

Le sport, levier de développement et de diplomatie

Pour Ndéye Ndome Thiouf, la préparation reste le maître-mot pour une couverture réussie des grands événements sportifs. Elle souligne qu’avec le développement du numérique, certaines productions médiatiques souffrent parfois d’un manque de rigueur et de préparation.

« Si l’on ne prépare pas sérieusement la couverture d’un événement, on risque d’avoir des difficultés », avertit-elle.Elle insiste également sur l’importance de l’analyse post-événement, qui doit porter sur les aspects techniques, organisationnels et financiers. Prenant l’exemple de la CAN 2025, elle estime que l’impact d’une telle compétition dépasse largement le terrain sportif.

« Il faut capitaliser sur les valeurs véhiculées par les Lions pour inspirer la jeunesse. Le sport est aujourd’hui un levier de développement et un instrument diplomatique », affirme-t-elle.

Selon elle, le journaliste doit donc avoir une vision panoramique afin d’identifier les axes d’analyse et valoriser les retombées d’un événement sportif.

Fatou DIOUF