ACCROCHAGE AVEC LA POLICE- JEAN JACQUES BOISSY BRISE LE SILENCE: « Je pardonne, mais je n’accepte pas qu’on déforme l’histoire »
Au cœur d’une altercation virale avec des éléments de la police après la défaite des Lions du basket face à la Côte d’Ivoire, jeudi dernier, au stadium Marius Ndiaye, Jean-Jacques Boissy livre sa version des faits. Un récit détaillé qui contredit la version officielle de la police relayée dans un communiqué et relance le débat au-delà du terrain.
Jeudi soir, la défaite du Sénégal face à la Côte d’Ivoire (80-90), lors du premier match des éliminatoires de la Coupe du monde basket, au stadium Marius Ndiaye, aurait dû rester une simple désillusion sportive. Elle s’est transformée en séquence institutionnelle brûlante.
Au cœur d’une altercation devenue virale avec des éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI) de la police, Jean-Jacques Boissy a vu son nom circuler bien au-delà du parquet. Quelques jours plus tard, le MVP de la saison 5 de la Basketball Africa League sort du silence et livre un récit qui contredit frontalement la version policière.
Dans une story Instagram, l’international sénégalais refuse « qu’on déforme l’histoire ». Sur les vidéos largement relayées, on aperçoit l’international sénégalais, visiblement remonté, au milieu d’échanges tendus avec des éléments de la police, dans un contexte électrique à la sortie de l’enceinte.
« J’ai vu beaucoup de stories circuler, beaucoup de choses sont dites et certaines sont sorties de leur contexte, des personnes qui étaient censées s’exprimer sont restées silencieuses », a-t-il lancé d’emblée. Le meneur raconte une séquence née d’un contexte familial.
À l’issue du match, sa mère aurait été prise à partie alors qu’elle attendait des nouvelles d’un téléphone volé. « J’ai trouvé ma petite sœur en pleurs. Elle m’a dit qu’un policier criait sur ma mère : ‘Dégagez, dégagez’ », écrit-il.
Boissy assure avoir interpellé « respectueusement » un agent pour lui demander des explications, avant qu’un échange verbal ne s’envenime.« Et si c’était le cas ? C’est toi qui va régler ça ? Que comptes-tu faire ? Pour qui te prends-tu ? », lui aurait lancé un policier.
L’international dit avoir réaffirmé qu’il ne cherchait pas l’affrontement, simplement le respect envers « des personnes âgées ». La situation aurait alors dégénéré. « Je me suis ensuite retourné pour aller vers ma mère. À ce moment-là, un autre policier, qui ne faisait pas partie de la discussion initiale, a commencé à hurler que je ne devais pas les interpeller, me demandant qui j’étais pour leur dire quoi faire. C’est alors que l’un d’eux a attrapé mon t-shirt et un autre mes cheveux », détaille-t-il, évoquant une foule compacte et des mains dans ses poches, au point de confier ses téléphones à un agent qu’il décrit comme « compréhensif ».
Fils de militaire, ayant grandi au camp Leclerc, Boissy a insisté sur son respect « profond » pour les forces de l’ordre. Il souligne d’ailleurs que certains supérieurs présents ont tenté d’apaiser la tension et de l’escorter jusqu’au bus de l’équipe.
« Je pardonne. Mais je n’accepterai pas que l’on déforme l’histoire pour me faire passer pour ce que je ne suis pas», conclut-il.
De son côté, la police avait évoqué dans un communiqué, en lendemain de l’incident, une situation déclenchée non par le joueur, mais par l’intervention de son jeune frère, accusé d’avoir insulté les fonctionnaires, provoquant attroupement et confusion. Deux récits, une même scène, et une vérité désormais disputée sur la place publique.
Mouhamed DIEDHIOU

