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DECES D’ABDOULAYE BA L’UCAD: Les internes des hôpitaux et étudiants en santé exigent une enquête indépendante

Les principales organisations représentant les internes, anciens internes et étudiants en sciences de la santé du Sénégal montent au créneau après la mort tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Dans une déclaration conjointe, l’Association des Internes et Anciens Internes des Hôpitaux du Sénégal (AIAIHS), le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-dentistes en Spécialisation (COMES), l’Amicale des Étudiants de la FMPO, ainsi que les représentants des UFR des Sciences de la Santé de Thiès, Ziguinchor, Saint-Louis et Bambey, réclament que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame.

Réagissant à la sortie du Procureur de la République, qui a évoqué une chute du quatrième étage du pavillon où résidait l’étudiant, les signataires disent rester profondément préoccupés par les zones d’ombre entourant ce décès. Ils exigent qu’« une enquête indépendante, exhaustive et crédible soit menée afin d’établir toutes les responsabilités, à quelque niveau qu’elles se situent », et demandent que justice soit rendue « dans toute sa rigueur » à l’encontre de toute personne impliquée, directement ou indirectement.

« Un jeune étudiant est mort dans un contexte qui engage nécessairement des responsabilités. Celles-ci devront être situées avec précision et leurs auteurs répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes », soulignent-ils.

Journée noire décrétée ce 19 février

En signe de deuil, de solidarité et de protestation, les organisations ont décrété une « journée noire » de 24 heures, ce jeudi 19 février, sur l’ensemble du territoire national. Dans les structures hospitalières, seuls les services d’urgence ont été assuré, conformément au principe de continuité des soins. Dans les facultés et UFR de médecine, une cessation totale des activités pédagogiques (cours, stages, travaux pratiques, travaux dirigés et évaluations) a été observée, hier.

Les initiateurs de la mobilisation précisent qu’il s’est agi à la fois d’un moment de recueillement et d’un acte de responsabilité, destiné à exiger la manifestation de la vérité et le respect de la mémoire de leur camarade disparu. Tout en réaffirmant leur attachement aux principes de légalité, de justice et de vérité, les organisations appellent au calme et à la retenue au sein des universités.

Elles exhortent l’ensemble des acteurs concernés à privilégier un dialogue « sincère, responsable et constructif », estimant qu’il s’agit d’une condition indispensable pour une sortie de crise durable et la préservation de la stabilité des espaces universitaires. Un point de presse conjoint des différentes entités signataires est annoncé dans les prochains jours afin de préciser leur position et les actions envisagées.

Pour rappel, le lundi 9 février 2026, de violents affrontements ont éclaté à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Abdoulaye Ba, qui se trouvait dans sa chambre au moment des événements, est décédé dans des circonstances encore controversées. Plusieurs blessés graves et d’importants dégâts matériels ont également été enregistrés. Selon les éléments communiqués par le parquet, le décès serait consécutif à une chute du quatrième étage. Une version qui ne met pas fin aux interrogations au sein de la communauté universitaire et médicale.

Lamine DIEDHIOU