MARDI GRAS AU « PARADIS DES MARMOTS »: Un cocktail de déguisements et d’ambiance festive
La fête de Mardi Gras a été célébrée dans plusieurs établissements scolaires de Dakar. À la crèche et maternelle « Le Paradis des Marmots », située à la Cité Keur Guorgui, les tout-petits ont vécu un moment haut en couleurs, entre costumes variés et ambiance conviviale.
Il est 17 heures. Devant l’école, les voitures sont garées en file. À l’intérieur du bâtiment R+2 joliment décoré, la salle de fête vibre au rythme de la musique, notamment sur les sons de « Arva » de Jahman. Les enfants, déguisés en signares, Elsa la Reine des neiges, Batman ou encore en héros de métiers, dansent avec enthousiasme.
Certains ont déjà terminé la fête et repartent chez eux, un sachet personnalisé rempli de friandises à la main, accompagnés de leurs parents. D’autres continuent de manger, de danser et de s’amuser sous le regard attentif des institutrices, de la directrice et du vigile de l’établissement.
Lucienne Bernadette Seck, auxiliaire à la crèche, explique que la célébration a concerné tous les enfants, de 1 à 5 ans. « Aujourd’hui, nous avons regroupé les bébés d’un an jusqu’aux enfants de cinq ans. Nous ne les avons pas séparés de leurs grands frères. Ils sont les références des plus petits », confie-t-elle.
Les enfants sont venus vêtus de tenues traditionnelles, de costumes inspirés de métiers (policiers, gendarmes, médecins), de robes de princesses ou encore de déguisements de super-héros. Même les bébés ont arboré des habits traditionnels représentant leurs ethnies ou leurs cultures familiales.L’établissement n’a pas modifié ses horaires habituels (7h30 – 18h).
« C’est un jour ouvrable pour les parents. Nous avons gardé le fonctionnement normal et célébré la fête du matin jusqu’au soir », précise Mme Seck.Un goûter partagé dans la traditionCôté restauration, l’école assure habituellement le repas et le goûter. Mais pour Mardi Gras, une touche particulière a été ajoutée.
« Les parents ont apporté des goûters à partager, comme le veut la tradition. L’école a fourni le déjeuner comme d’habitude. Les enfants ont partagé le goûter le matin et le soir », explique l’auxiliaire.Malgré quelques pleurs et caprices – inévitables chez les tout-petits – la journée s’est déroulée dans une ambiance globalement joyeuse.
Un défilé de cultures et d’ethnies
Pour Agnès Dibor Sarr, instructrice en classe multigrade, la fête s’est tenue dans une atmosphère agréable et enrichissante. « Les enfants sont venus déguisés en métiers, en tenues traditionnelles… Globalement, on voit souvent policiers, gendarmes, médecins. C’est un mélange riche », souligne-t-elle.
Elle insiste sur la dimension culturelle de l’événement. Dans un établissement où se côtoient plusieurs nationalités, chaque enfant a tenté de représenter son ethnie ou son pays d’origine.Agnès Sarr elle-même a participé à cette célébration identitaire. « Je suis déguisée en pagne manjak avec le cordon traditionnel. Le collier et les perles sur ma tête sont diola. J’ai voulu rendre hommage à ma belle-mère, manjak de père et diola de mère », renseigne-t-elle.
Les autres encadrantes ont également joué le jeu :Tata Teningue en sérère, Tata Atta en wolof, Tata Lucienne en sérère, une autre tata en lébou, Tata Ndeye en diola… Un véritable brassage culturel.Une célébration entre tradition et modernitéAu « Paradis des Marmots », Mardi Gras n’a pas seulement été une fête de déguisements. Il a été un moment d’apprentissage, de partage et de valorisation des cultures.
Dans les rires, les danses et les couleurs, les tout-petits ont découvert la richesse des identités qui composent leur environnement. Une manière ludique de semer, dès le plus jeune âge, les graines du vivre-ensemble.
Mame Ndella FAYE

