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PROLONGATIONS DU SACRE: Le Sénégal suspendu au verdict disciplinaire de la CAF

Plus d’une semaine après leur sacre continental, les Lions du Sénégal rejouent un match autrement plus feutré. Ce mardi, la commission de discipline de la CAF se réunit au Caire pour statuer sur les incidents ayant émaillé la finale de la CAN 2025 face au Maroc. Si aucune exclusion du Mondial ne menace le double champion d’Afrique, des sanctions ciblées pourraient néanmoins peser lourd sur la suite.Jour de vérité pour le football africain.

La commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) se penche ce mardi sur la finale électrique de la CAN 2025, remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0 après prolongation). Une rencontre à haute intensité sportive, mais aussi institutionnelle, dont les remous continuent d’agiter les coulisses du football continental.

Pour garantir une impartialité totale, le président sénégalais de la commission, Ousmane Kane, a été écarté de l’examen du dossier pour conflit d’intérêts. Une décision conforme aux protocoles de la CAF, dès lors qu’un risque de partialité est identifié. La direction des débats revient à la Kényane Jane Njeri Onyango, épaulée par un panel international composé de Norman Arendse (Afrique du Sud), Mohamed Mostafa El-Mashta (Égypte), Djonfoune Golbassia Felix (Tchad) et Douma Ibrahim Issaka (Niger).

Un casting pensé pour verrouiller la crédibilité du processus.Au cœur des discussions, trois documents feront foi : le rapport de l’arbitre Jean-Jacques Ndala Ngambo, celui de l’observateur égyptien et le compte-rendu sécuritaire établi par un duo algéro-malgache. Ces pièces devront éclairer les événements survenus après l’attribution d’un penalty très contesté au Maroc, décision qui avait provoqué le retrait momentané des joueurs sénégalais vers les vestiaires, interrompant la rencontre pendant près d’un quart d’heure.

Ce que risque le Sénégal

Revenus sur le terrain, les Lions avaient achevé la finale pour finalement s’imposer. Mais cet épisode a suscité de vives réactions, jusqu’au sommet du football mondial. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait qualifié ce comportement « d’inacceptable », appelant à l’ouverture d’une procédure disciplinaire. La CAF a suivi la voie réglementaire, confiant le dossier à son organe compétent.

Le champ des sanctions possibles est large : amendes financières, suspensions individuelles de joueurs ou de membres du staff, voire recommandations à la FIFA. Selon plusieurs lectures du code disciplinaire, la Fédération sénégalaise de football pourrait écoper d’une amende comprise entre 50 000 et 100 000 euros (entre 32,7 et 65,5 millions Fcfa).Le véritable point de vigilance concerne les suspensions individuelles.

Les joueurs impliqués dans le retrait de la pelouse pourraient être sanctionnés de deux à quatre matches, applicables à l’ensemble des compétitions CAF, voire au-delà. Le staff technique, y compris le sélectionneur Pape Thiaw, pourrait également être concerné. Un scénario qui fragiliserait la préparation du Sénégal en vue du Mondial 2026, dans un contexte sportif déjà exigeant.

Pour autant, aucune exclusion de la Coupe du monde ni défaite sur tapis vert ne devrait être envisagée. Au Sénégal, la sérénité domine, malgré une forte pression médiatique venue du Maroc et de certains médias occidentaux réclamant des sanctions exemplaires. Pape Thiaw bénéficie d’un soutien populaire et institutionnel solide.

Les décisions de la commission seront immédiatement exécutoires, même si des recours restent possibles devant le Jury d’appel de la CAF, voire le Tribunal arbitral du sport. Au-delà du cas sénégalais, la CAF joue gros : faire respecter ses règlements sans créer un précédent capable d’enflammer durablement les terrains africains.

Mouhamed DIEDHIOU