LA CHRONIQUE DE MLD: Le Maroc, terre bénie pour le Sénégal.Par Mamadou Lamine DIATTA
Le match historique Maroc/ Sénégal indécis avec à la clé un final à la Hitchcock. Un thriller qui nous a fait passer par toutes les émotions. Quoi de plus normal pour une confrontation opposant les deux meilleures équipes de l’Afrique- mère ? Quoi de plus normal pour un acte final que bon nombre de puristes avaient programmé dès l’ouverture de cette CAN riche en rebondissements ?
Entre une sélection sénégalaise maîtresse de son art le long de son parcours, victorieuse dans des conditions extrêmes et un Maroc qui court encore derrière son deuxième sacre continental cinquante ans après la glorieuse épopée éthiopienne d’Ahmed Faras et compagnie, il fallait juste un unique vainqueur. DIEU notre Créateur a choisi le Sénégal.
Oui, il est évident qu’un tel résultat devrait carrément produire une sorte de déflagration tellurique, un séisme voire un psychodrame au cœur du royaume eu égard aux fortes attentes liées notamment aux investissements infrastructurels massifs et au soft-power déployé depuis plusieurs années pour aguicher et étonner à la fois l’Afrique et le monde entier.
Les Marocains n’étaient psychologiquement pas préparés à perdre sur leurs terres. C’est du moins l’impression qui se dégage des péripéties de l’après-CAN et c’est toute la tragédie de ce dénouement malheureux pour eux.
Le hic, c’est que gagner une coupe d’Afrique ne se décrète pas. Les compétitions internationales organisées sur ce continent dit de l’avenir sont toujours ardues et il ya souvent une part d’irrationnel qui entre en ligne de compte pour départager les divers protagonistes.
Certes le Maroc a mis les petits plats dans les grands avec un accueil chaleureux, exceptionnel sans oublier cette logistique impressionnante de nature à faire dire à tout observateur crédible que le Royaume a franchement mis à la disposition de l’Afrique des infrastructures de niveau mondial. C’est juste la déclinaison d’une politique volontariste adossée à une vision à long- terme.
Mais le Sénégal, ce pays- frère qui développe avec hardiesse et fierté des relations séculaires avec le Royaume chérifien dispose aujourd’hui d’une sélection de classe mondiale. Forcément il était difficile pour le Maroc de se défaire de la meilleure sélection africaine du moment. C’est cela la vérité. Il ne faut pas se voiler la face.
Ceux qui suivent l’actualité du football international ont dû se rendre compte que ce Maroc fringant, inventif et décisif qui avait battu tour à tour l’Espagne et le Portugal au Qatar, au point de décrocher la prestigieuse palme de la première équipe africaine admise aux demi-finales de la coupe du monde, n’a rien à voir avec ce bloc un tantinet limité qui a voulu décrocher la CAN contre vents et marrées. C’est pratiquement le jour et la nuit entre les deux versions.
Le Maroc de la CAN n’a jamais été souverain et a été bousculé entre autre par le Mali auteur d’un nul heureux en phase de poule. Malgré un rang flatteur de 8eme mondial décerné par le dernier classement FIFA.
Autrement dit, avec le recul et une fois la tension dissipée, les Marocains devraient réaliser qu’ils n’ont pas perdu la face. Au contraire.
Aujourd’hui que les lampions de la plus grande compétition sportive en Afrique se sont éteints, il s’agit de travailler à décrisper la situation.
Faudrait-il le rappeler, le Sénégal a remporté sa deuxième CAN sur une terre bénie annuellement foulée par des milliers de pèlerins qui viennent de Dakar et d’autres villes pour raffermir leur foi à Fez la spirituelle.
Et puis, le Roi Mohamed VI a visiblement pris les choses au sérieux ce qui dénote de la haute idée qu’il se fait du continent.
Les éléments de langage du souverain relayés fraîchement par l’Agence MAP sont rafraîchissants : » Le Royaume du Maroc est et restera un grand pays africain, fidèle à l’esprit de fraternité, de solidarité et de respect toujours cultivé. Le Maroc poursuivra son engagement déterminé et constant en faveur d’une Afrique unie et prospère, notamment par le partage mutuel de ses expériences, de son expertise et de son savoir-faire ».
Cela dit, il ya une vie après la finale de Rabat…
Le Maroc a formé beaucoup d’officiers Sénégalais à Meknès sans oublier les milliers d’étudiants en formation dans plusieurs filières professionnelles et disséminés entre Casablanca, Rabat, Marrakech, Meknès ou encore Tanger et Agadir.
De son côté, le Sénégal a formé des milliers de Marocains particulièrement à la faculté de médecine et de pharmacie de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Dans ce contexte, la commission mixte sénégalo- marocaine prévue à partir du 26 janvier sous la haute autorité des deux Premiers ministres se présente sans doute sous la forme d’un véritable pansement afin de trouver des solutions à des problèmes comme la situation délicate des supporters sénégalais récemment interpellés à Rabat.
Tout est lié.

