CAN 2025- TOMBEUR DU MALI EN QUART DE FINALE (1-0) Sénégal : un pas de plus sans forcer… vers la couronne
Sérieux sans être flamboyant, le Sénégal a validé ce vendredi, à Tanger, face au Mali (1-0), son billet pour le dernier carré de la CAN 2025. En supériorité numérique pendant toute la seconde période après l’expulsion d’Yves Bissouma, les Lions ont assumé leur statut de favori. Un but opportuniste d’Iliman Ndiaye, une maîtrise globale et une impression persistante de contrôle. Les hommes de Pape Thiaw avancent, toujours sans avoir été réellement mis en danger.
TANGER, Maroc (Envoyé spécial) – Ce derby en quart de finale avait tout d’un match-piège. Une rivalité régionale, un adversaire réputé pour sa densité athlétique et un contexte à élimination directe où la moindre erreur se paie cash. Pape Thiaw avait choisi d’ajuster son onze, en rappelant Kalidou Koulibaly au cœur de la défense et en redessinant ses couloirs avec El Hadji Malick Diouf et Iliman Ndiaye. Le message était clair : imposer le tempo, sans se livrer.
Un verrou malien longtemps résistant, Iliman en éclaireur
Comme attendu, le Mali s’est présenté dans un 4-5-1 très compact, souvent réversible en 4-4-2, avec pour objectif de bloquer les côtés sénégalais et d’asphyxier l’axe par une densité de milieux. Lassine Sinayoko, seul en pointe, était chargé de jouer les points d’appui et de provoquer les rares transitions.Les premières minutes ont donné le ton avec peu d’espaces, beaucoup de duels pour un match fermé digne d’un quart de finale.
Le Sénégal monopolise le ballon, mais bute sur le rideau malien. Il faut une inspiration individuelle pour fissurer l’édifice. À la 27e minute, Iliman Ndiaye illumine la rencontre. Une passe subtile pour Krépin Diatta, un centre anodin de ce dernier, puis une erreur de Djigui Diarra. Le gardien rate sa prise de balle au sol, Iliman rôde et sanctionne à bout portant (1-0).Ce but libère sans totalement désinhiber les Lions.
Pape Gueye frôle le poteau (31e), Sadio Mané teste Djigui sur coup franc (39e), Malick Diouf (45e) manque de peu le break juste avant la pause. En face, le Mali peine à exister offensivement et ne cadre aucun tir en première période. Le tournant intervient dans les arrêts de jeu avec un deuxième carton jaune pour Yves Bissouma, expulsé après une faute sur Gana Gueye. Les Aigles basculent à dix, condamnés à courir après le ballon pendant 45 minutes.
Contrôler sans accélérer
La seconde période confirme la physionomie attendue avec un Sénégal dominateur dans la possession, un Mali courageux mais limité. Les Lions installent leur camp dans la moitié adverse sans toutefois appuyer sur l’accélérateur avec des occasions qui se sont accumulé, sans réussir à faire le break face à Djigui Diarra qui a sorti le grand jeu (7 arrêts) et maintenu artificiellement le suspense par une série d’arrêts décisifs.
Le dernier rempart des Aigles a ainsi détourné les tirs de Gana Gueye (49e) et Sadio Mané (66e, 90+6), a écœuré à deux reprises Pathé Ciss, sur une tête sur corner (67e), puis un face-à-face (76e). Il a enfin effleuré une sublime reprise de Lamine Camara, juste assez pour la mettre sur son poteau (90e+2). Cette incapacité à tuer le match aura été la seule zone d’ombre de la soirée sénégalaise.
Avec 19 tirs dont 8 cadrés et 65% de possession, les Lions auraient pu (dû) se mettre à l’abri. Mais jamais le sentiment d’urgence ne s’est jamais vraiment installé. Edouard Mendy n’a été sollicité qu’épisodiquement, mais a répondu présent devant Sinayoko (47e), puis Diaby (56e), et le bloc sénégalais, parfaitement en place, a absorbé sans trembler les rares velléités maliennes.
3e demi-finale sur les 4 dernières CAN
Minimaliste, parfois poussif, mais jamais véritablement inquiet, le Sénégal signe une victoire de patron. Une gestion froide, presque clinique, qui lui ouvre les portes de sa sixième demi-finale de CAN, la troisième sur les quatre dernières éditions et a remporté quatre matches lors d’une même édition de la CAN pour la quatrième fois de son histoire. Le pays de la Téranga est désormais invaincu lors de ses 16 derniers matchs en CAN (11 victoires, 5 nuls).
Seul l’Egypte (24 matchs de 2004 à 2017) détient une plus longue série d’invincibilité dans l’histoire de la compétition. Sans avoir encore dévoilé toute sa palette, cette équipe dégage une aura tranquille, celle d’un favori qui avance sans bruit.Mercredi prochain, face à l’Égypte (son adversaire préféré de ces dernières années) ou à la Côte d’Ivoire (sa bête noire), les Lions changeront de dimension. En attendant, ils poursuivent leur route, fidèles à une constante : gagner, même sans briller, reste la marque des grandes équipes.
Mouhamed DIEDHIOU

