Société

RENTREE ACADEMIQUE A L’UCAD: Les 12 leçons du Pr Moussa Seydi tirées de la Covid-19

Le professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Fann, a prononcé, hier, la leçon inaugurale de la rentrée académique 2025-2026 de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Une communication centrée sur les enseignements majeurs de la pandémie de Covid-19, au cours de laquelle l’infectiologue a salué la résilience du système de santé sénégalais tout en pointant des insuffisances à corriger.

Intitulée : « Un futur sans pandémie ? Leçons à tirer de la Covid-19 », la leçon inaugurale se veut porteuse d’espoir. Pour le Pr Moussa Seydi, il est possible de prévenir les pandémies, rappelant que ces crises sanitaires ont parfois causé plus de dégâts que les guerres. Selon lui, l’un des principaux acquis de la Covid-19 reste la résilience du système de santé, fondée sur l’organisation, l’efficacité et les valeurs humaines.

« Malgré nos faibles moyens, nous avons été classés, à un moment donné, parmi les pays ayant le mieux géré la pandémie. Il faut croire en soi, travailler et être organisé. Les ressources naturelles seules ne suffisent pas », a-t-il soutenu, insistant sur l’importance des valeurs morales et éthiques.L’infectiologue reconnaît toutefois que la gestion de la pandémie n’a pas été exempte de difficultés. « Aucun gouvernement n’est parfait, mais ce sont des problèmes qui peuvent être corrigés », a-t-il nuancé, appelant à tirer pleinement les leçons de cette crise.

Parmi les enseignements majeurs, le Pr Seydi a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les infrastructures sanitaires afin d’éviter les évacuations médicales. Il a, à ce titre, salué les avancées réalisées au Sénégal, notamment le démarrage de la greffe de moelle osseuse et de la transplantation rénale. « En période de pandémie, les patients ne peuvent pas se déplacer. Il faut donc être capable de tout faire sur place », a-t-il plaidé.

Au total, douze leçons clés ont été identifiées, parmi lesquelles la liberté académique, la collaboration entre science et politique, la lutte contre la stigmatisation, l’anticipation de tous les scénarios, y compris les pires, la réduction des inégalités et des disparités, la prise en charge des impacts psychologiques, l’intégration de l’intelligence artificielle et la prise en compte des conséquences économiques des pandémies.Pour le Pr Seydi, la réponse à une crise sanitaire ne peut se limiter à l’arme médicale.

« L’arme la plus puissante, en dehors de la médecine, reste l’arme politique. Ce sont les décisions politiques qui orientent les actions globales pour renforcer un système de santé et protéger l’économie », a-t-il expliqué, saluant également la solidarité des Sénégalais durant la pandémie, tout en reconnaissant la lassitude et les difficultés économiques apparues avec le temps. Le scientifique s’est enfin réjoui du soutien des autorités politiques, soulignant l’attitude d’ouverture du chef de l’État envers les scientifiques et la contradiction constructive.

Profitant de cette tribune, le Pr Seydi a rappelé le rôle central de l’UCAD dans la réponse sanitaire. « Les universitaires ne sont pas uniquement dans la théorie. Ils participent activement au développement du pays, chacun selon sa spécialité », a-t-il conclu.

Viviane DIATTA