Contribution

“ Vers la fin de la guerre larvée intestine du Triumvirat de PASTEF ?Par Gilles Eric FOADEY*

                               Pourquoi diantre une autre coalition autre que celle, de PASTEF, qui a conquis l’Assemblée nationale ? Contradictions et Paradoxes abscons ? Pas que…Il est de notoriété publique que c’est grâce au PASTEF, à la générosité de son leader, Ousmane Sonko, et aux citoyens Sénégalais, pour l’essentiel, pas encartés politiquement, que Bassirou Diomaye Diakhar Faye été porté confortablement au pouvoir. Un pouvoir acquis de haute lutte et porté par une Révolution citoyenne.

Qu’est-ce qui expliquerait qu’un Président confortablement élu, essentiellement, par son parti veuille remettre en selle une coalition composée d’ectoplasmes si ce n’est pour un dessein pouvoiriste inavoué ? Alors que rien, absolument rien, ne devrait l’empêcher aujourd’hui de disposer de deux quinquennats consécutifs si tant est que sa volonté consiste à matérialiser la première décennie de la Vision 2050.
Conséquemment, il serait donc farfelu d’imaginer que c’est l’égo boursouflé de deux dames en mésalliance qui devrait venir perturber la quiétude du tandem des duettistes à la tête du Sénégal…
La majorité écrasante obtenue à l’Assemblée nationale, après sa dissolution anticipée, a été acquise sous la bannière de PASTEF pendant que la « Coalition Diomaye Président » était en hibernation.
Où est donc le problème ? Le pacte scellé entre Sonko et Faye aurait-il été rompu ? Les égos individuellement pris des deux duettistes ont-ils gonflés outre mesure ? La léthargie criante du parti PASTEF qui ne fait plus fonctionner régulièrement son bureau politique, voire ses instances, pour donner corps à la Vision 20250 aux fins de la matérialiser en est-elle le mobile ? Le défaut de la mise en œuvre des conclusions des Assises nationales sur la Justice pour refonder son socle en est-il la cause ? La tendance de certains à fricoter avec le système hier décrié et voué aux gémonies est-elle avérée ? Où, est-ce enfin l’appétit du pouvoir et de sa conservation solitaire ? Il y a de tout cela…
Au total, l’on ne saurait ne pas reconnaitre qu’un climat très délétère et putride existe au sein de PASTEF.
Entre l’orthodoxie des uns à faire du triptyque Jub, Jubbeul Jubbanti (Dresser, Redresser et Corriger) un pré requis pour installer le Sénégal durablement dans la bonne gouvernance et le cynisme des autres à faire des arrangements entre amis pour diluer la vérité et la justice et, ainsi, annihiler la reddition des comptes, la rupture tant attendue par l’écrasante majorité des Sénégalais, avec sa jeunesse en tête est prise en otage.
Les maîtres mots de cette rupture résident entre autres, en la moralisation de l’action publique, la souveraineté, agricole et industrielle notamment et la transformation structurelle en tout.
Voici en clair le Projet pour lequel les Sénégalais sont en osmose avec le duo FAYE SONKO !
À tort ou à raison, certains d’entre eux pensent que le Président Bassirou Diomaye Faye ralentit la cadence des réformes pendant que le Premier Ministre s’échine à les faire accélérer…
Pour notre part, nous ne saurions le dire avec certitude dès lors où, le Président Bassirou Diomaye Faye a eu à affirmer ce qui suit : « Un gouvernement doit être solidaire dans la vérité. Si l’un d’entre nous, en toute responsabilité et en toute connaissance de cause, décide de transgresser, il ne peut entrainer personne dans une solidarité gouvernementale. Ce n’est pas notre rôle. Ce sont des choix qui devront être assumés par leurs auteurs(…) Nous entrons dans une nouvelle ère où l’intelligence économique, la veille stratégique, le suivi évaluation systématique de nos actions, la digitalisation intégrale de nos procédures, la qualité de la dépense publique, la préservation du bien public, la transparence, la reddition des comptes et la culture du résultat, seront les principes directeurs du travail gouvernemental et du fonctionnement des administrations publiques et parapubliques »
In fine, le tandem détient par devers lui tous les leviers pour faire décoller la machine sénégalaise grippée, voire ankylosée, sur le plan économique et judiciaire.
En ayant tenu un discours de vérité au FMI sur la dette cachée, le tandem FAYE-SONKO a enclenché un précédent positif en concevant un palliatif sous la forme d’un Plan de redressement économique et social (PRES), qui prône le développement endogène et qui lui vaudra un moratoire certain sur l’échelonnement du paiement de ladite dette cachée. Car, au fond, restructurer une dette c’est le remède classique que suggère le FMI. Il fut appliqué au Ghana et à l’Éthiopie, Seulement l’accepter ou non relève de la souveraineté des États.
Maintenant que faire ?
Il faut que cela soit clair aussi bien pour le Président de la République que pour le Premier Ministre que leur destin sont liés et que les Sénégalais ne toléreront point l’ombre d’une brouille, futile soit-elle. Un pacte, une fois scellé, doit, certes, être appliqué. Seulement, nous leur demanderons de l’aménager à l’aune de la leçon de Feu Birago DIOP et d’en faire leur viatique pour les Sénégalaises et les Sénégalais afin qu’ils (Sonko et Diomaye) redisent chaque jour le pacte, le grand pacte qui lie à la loi notre sort, aux actes des souffles plus forts et du sort de nos morts qui ne sont pas morts ; et dont nous réclamons justice sans vengeance aucune.
Oui, Justice doit être rendue aux morts, aux disparus et aux éclopés de la révolution citoyenne. Il faut que les âmes de Mancabou, Badji et Sambou reposent en paix !
Pour ce faire PASTEF doit se réinventer comme un parti de pouvoir et au pouvoir en tenant régulièrement son bureau politique, en présence de son Président Ousmane Sonko et de son militant Bassirou Diomaye Diakhar Faye pour ensemble s’assurer de donner corps à la Vision 2050 aux fins de la matérialiser ici et maintenant. Ce sera le gage collectif pour étouffer dans l’œuf les appétits du pouvoir et de sa conservation solitaire. Sonko c’est Sonko, Diomaye c’est Diomaye mais PASTEF c’est Sonko et Diomaye, c’est la même vision que rien ne saurait entacher !
À ces fins, nul besoin de crise institutionnelle. Que le Président Préside, que le Premier Ministre gouverne et que le Parlement propose avec célérité, entre autres, de nouvelles lois point scélérates qui viendront gommer les scories immondes de notre Code pénal et de son Code de procédure.
Aux citoyens, ils feront bien de soutenir le tandem en s’appropriant du Jub, Jubbeul, Jubbanti et en revisitant leur rapport à la foi, au travail, à la discipline, à la salubrité et à l’argent
Il appartient donc à Bassirou Diomaye Faye et à Ousmane Sonko de taire leurs egos, de s’ériger au-dessus des mêlées et, pour qu’en toute lucidité, tirer les leçons de leur compagnonnage aux fins de siffler la fin de la danse des vautours et pour ne pas poignarder l’immense espoir en eux placé… pour la grâce de Dieu et le Salut du Sénégal.
Pour une nouvelle aube salvatrice, il est enfin grand temps que le PASTEF GOUVERNE !

Gilles Eric Foadey est journaliste, consultant media, et interprète-traducteur de conférence. Il réside à Johannesburg, Afrique du Sud, et travaille à Addis-Abéba, en Éthiopie. Il fut responsable de la Communication du NEPAD de 2009 à 2016.