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El Malick Ndiaye : « Cette législature consacre une rupture historique »

L’examen du projet de loi de finances, d’un montant record de 7 433 milliards de FCFA, a mobilisé les députés pendant près d’un mois. Entre le 6 et le 21 novembre 2025, pas moins de 26 séances de commissions élargies se sont tenues, avec une moyenne impressionnante de 15 heures de travail quotidien. Objectif : passer au crible 119 programmes budgétaires issus de 25 départements ministériels. « Cette assiduité, toutes sensibilités confondues, démontre un engagement réel au service de la nation », a souligné El Malick Ndiaye, tout en pointant la nécessité de réduire un taux d’absentéisme qui, malgré un présence globale de 80 %, demeure préoccupant.

Au-delà des chiffres, le président de séance insiste sur le changement de paradigme que représente cette législature. Il a identifié une triple rupture : dans les méthodes, avec plus de transparence et un contrôle renforcé ; dans l’esprit, avec une institution qui « n’accompagne plus, mais interroge, propose et corrige » l’action du gouvernement ; et dans le rapport aux citoyens, vers une démocratie plus accessible et redevable. « Les débats ont été intenses, exigeants, parfois passionnés, mais toujours ancrés dans les valeurs républicaines. C’est le signe d’une vitalité démocratique retrouvée », a-t-il affirmé.

El Malick Ndiaye n’a pas occulté le cadre économique et social difficile dans lequel s’inscrit ce budget : crises internationales, fragilités financières et fortes attentes populaires. Il a cependant salué la résilience des Sénégalais et les efforts affichés par l’exécutif pour alléger les charges des ménages. Le vote n’est pour lui qu’une étape. « La mission cruciale de l’Assemblée commence maintenant : le suivi rigoureux de l’exécution budgétaire et l’évaluation impitoyable des politiques publiques », a-t-il souligné. Pour ce faire, il a annoncé la finalisation imminente de la composition du Comité permanent d’évaluation des politiques publiques, dont les travaux techniques sont déjà lancés.

Le président a conclu en rendant hommage à tous les acteurs de ce marathon législatif : députés, en particulier les doyens pour leur exemplarité, administration parlementaire, forces de sécurité et presse, dont le rôle de vigilance a été salué. Son dernier mot a été un appel à l’unité et à la lucidité : « Cette loi de finances engage le gouvernement, l’Assemblée et la nation entière. Nous devons tous être à la hauteur des attentes du peuple sénégalais ».