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CÉRÉMONIE D’OUVERTURE DE LA 8ᵉ ÉDITION DE DAKAR COURT À L’INSTITUT FRANÇAIS: Un hommage vibrant au patrimoine cinématographique africain et à sa jeunesse créative

La 8ᵉ édition du Festival international du court-métrage Dakar Court s’est ouverte, mardi soir, à l’Institut français de Dakar, sous le thème : « Patrimoine cinématographique africain et sa jeunesse ». La soirée inaugurale, festive et vibrante, a rassemblé cinéastes, comédiens, producteurs, critiques, étudiants en cinéma et passionnés du septième art venus célébrer la créativité et l’émergence de nouveaux talents.

L’un des moments phares de la cérémonie fut la remise de prix honorifiques à des critiques et personnalités ayant marqué de leur empreinte le cinéma africain : Fatou Kiné Sène, cheffe du service Culture de l’APS, Baba Diop, critique reconnu, Olivier Barlet, spécialiste du cinéma africain, ainsi qu’un hommage posthume à Ousmane Sembène, père du cinéma africain.

Ces distinctions ont salué l’engagement de celles et ceux qui œuvrent depuis des décennies à structurer et valoriser la filière du court-métrage au Sénégal et sur le continent.Dans son discours d’ouverture, Moly Kane, président fondateur du festival, est revenu avec émotion sur la difficulté de maintenir un tel événement dans un contexte où les industries culturelles traversent une période fragile.

« Dès la première édition, je me suis demandé si nous pourrions organiser la deuxième. Puis la troisième. Chaque année, le parcours devient plus difficile : réunir les budgets, faire progresser un projet… cela nous stresse. Mais nos partenaires, le ministère de la Culture, l’ambassade de France, l’UEMOA, l’Institut français, la mairie de Dakar, entre autres, nous donnent la force de continuer », a-t-il lancé, rappelant que « Dakar Court est devenu l’une des principales plateformes d’expression, de formation et de rencontres pour les jeunes réalisateurs d’Afrique de l’Ouest ».

Le public a ensuite assisté à la projection de deux œuvres majeures du patrimoine sénégalais : « La Noire de… » d’Ousmane Sembène et « Djabote – Doudou Ndiaye Rose » de Béatrice Soulé. Ces films ont lancé une édition placée sous le signe de la transmission et de la mémoire.

Pour animer la soirée, la troupe de Ndawrabine « Laakon, Faakon, Niaakon » de Rufisque a enflammé la scène avec chants traditionnels et pas de danse lebou, sous les ovations d’un public conquis. L’équipe du festival a présenté les ateliers, masterclass et rencontres professionnelles qui rythmeront cette 8ᵉ édition, confirmant la vocation de Dakar Court : accompagner l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes africains.

Présidant la cérémonie au nom du ministre de la Culture, le Directeur de cabinet du Secrétaire d’État à la Culture, Khalil Sow, a salué l’énergie de la jeune création sénégalaise et rappelé les succès récents de réalisateurs nationaux, notamment lors du concours « Clap Ivoire ».

« L’État s’engage à pousser le cinéma le plus loin possible, en s’appuyant sur la dynamique initiée par les pionniers du septième art africain. Dakar Court est devenu un rendez-vous incontournable, un espace de formation et de transmission », a-t-il affirmé.

Adama AIDARA