PROGRAMME DES 100 000 LOGEMENTS: Seulement 1 579 réalisés, dont 725 habités : un bilan alarmant
Le programme gouvernemental visant à construire 100 000 logements n’a atteint qu’à peine 1% de son objectif, selon les révélations faites, hier, à l’Assemblée nationale par le Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Momath Talla Ndao.
Face aux députés, le Secrétaire d’État a livré un état des lieux préoccupant du projet lancé sous l’ancien régime. « Sur 100 000 logements promis, seuls 1 579, soit 1,5%, ont été réalisés. Et sur ce total, 725 seulement sont habités », a-t-il indiqué.
Ce constat intervient lors de l’examen du budget 2026 du ministère de l’Urbanisme, et alors que le gouvernement prépare un nouveau virage stratégique avec le lancement, dès l’année prochaine, du Programme National d’Accès au Logement et de Renouveau Urbain (PNALRU).
Momath Talla Ndao présente le PNALRU comme une réponse structurelle aux dysfonctionnements constatés. « Ce programme constitue une réponse à la question, tant en termes d’objectifs que de stratégie, parce que nous avons une diversité de demandes par rapport à l’accès au logement. Le programme que nous proposons tente justement de prendre en compte cette diversité », a-t-il expliqué.
Le dispositif prévoit une répartition plus équilibrée du foncier aménagé : 40% pour les sociétés nationales (SN HLM, SICAP), 40% pour l’auto-construction et 20% pour le secteur privé. Selon le Secrétaire d’État, une forte implication de l’État reste indispensable pour garantir un véritable habitat social.Les députés ont insisté sur la flambée des loyers, qui pèse lourdement sur les ménages.
En réponse, Momath Talla Ndao a rappelé l’existence d’un déficit structurel estimé à 500 000 logements. « On ne peut pas régler le problème de la cherté du loyer par une loi ou un règlement. Il faut augmenter l’offre. Quand l’offre est insuffisante, les prix grimpent », a-t-il dit.
Il précise que la stratégie de l’État repose désormais sur l’augmentation massive de l’offre de logements, combinée à un cadre réglementaire robuste susceptible de stabiliser durablement les prix. « Notre volonté est de trouver une solution efficace et durable, car la question du logement est immensément complexe », a-t-il conclu.
Mamadou Lamine CAMARA

