COUSINAGE À PLAISANTERIE : un levier de paix et de cohésion en Afrique de l’Ouest
Lors d’un colloque culturel, tenu ce mercredi au Monument de la Renaissance Africaine dans ke cadre de l’ECOFEST (30 novembre au 06 decembre 2025), plusieurs intervenants ont rappelé l’importance du sanankuya, ou cousinage à plaisanterie, institution enracinée dans la Charte de Kurukampura (article 7). Issue de l’Empire du Mali. Le sociologue Djibe Diakhate et Cie, cette pratique vise à transformer les tensions intercommunautaires en moments de solidarité, en brisant le cycle de la vengeance par le rire et l’humour ».
la charte, considérée comme l’une des premières constitutions, a formalisé le sanankuya entre les habitants du Mandé, unissant des groupes linguistiques et économiquesdifférents. Le cousinage à plaisanterie, qui a cimenté des liens entre différentes ethnies dans notre pays et un peu partout en Afrique, continue de jouer un rôle fédérateur. En réalité, au‑delà du divertissement, elle sert de mécanisme de régulation des conflits, favorise le partage des ressources et renforce la solidarité familiale et communautaire.
» La première école que nous avons connu, c’est la famille. La famille était la première école où on enseignait le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Et en conséquence, lorsque quelqu’un est utile dans sa famille, cela signifie qu’il partage ses revenus avec les autres membres de la communauté familiale. Et donc la plaisanterie au niveau de la famille se joue essentiellement autour du partage », a expliqué Djiby Diakhate, qui participait ce mercredi au Monument de la Renaissance Africaine à un panel axé sur: Cousinage à plaisanterie, organisé par l’Association Mbokator Maasir, communauté ouest-africaine, dans le cadre de la Festival ouest-africain des Arts et de ́a culture Dakar, 2025. Pour le professeur, l’objet de la plaisanterie le plus souvent à l’intérieur de la famille, c’est le partage, la générosité. « La Parenté à plaisanterie qui existe en Afrique de l’Ouest est absolument singulière et se distingue des autres. Cette institution, elle n’est pas le fruit du hasard », renchérit Papa Massène Sene.
En outre, des intervenants tchadiens ont montré comment le “cuisinage à plaisanterie” est utilisé au Sud du Tchad pour apaiser les rivalités entre éleveurs et agriculteurs, illustrant la pertinence du modèle dans les sociétés post‑conflit. Pour Abdoulaye Racine Senghor « se croire que la véritable résistance africaine ne viendra pas d’ailleurs, mais de nous-mêmes, de nos traditions, de nos cultures, de nos rires partagés. « Et cela ouvre la voie au bonheur, à la fraternité, de nos rires innocents. Lecousinage dévoile l’amour et l’humilité, le pardon », souligne-t-il. Les participants ont conclu que le cousinage à plaisanterie, loin d’être un simple jeu de mots, constitue un véritable outil de construction d’un destin commun. En valorisant la différence et en transformant le conflit en opportunité, il offre un modèle de coexistence pacifique que les États de la CEDEAO pourraient davantage soutenir.
Abdoulaye DIAO

