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FIÈVRE DE LA VALLÉE DU RIFT AU SÉNÉGAL ET EN MAURITANIE: L’OMS alerte sur 404 cas humains confirmés, dont 42 décès entre septembre et octobre

Entre septembre et octobre 2025, la fièvre de la Vallée du Rift a refait surface au Sénégal et en Mauritanie, provoquant plus de 400 cas humains et 42 décès. Face à cette flambée préoccupante, l’OMS appelle à une riposte coordonnée entre santé humaine, animale et environnementale pour enrayer la propagation de cette zoonose meurtrière.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme sur la recrudescence de la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) au Sénégal et en Mauritanie. Selon les données publiées, hier, 404 cas humains confirmés, dont 42 décès (29 décès au Sénégal et 13 en Mauritanie), ont été enregistrés entre le 20 septembre et le 30 octobre 2025 dans les deux pays.

Endémique en Afrique de l’Ouest, la FVR est une maladie virale transmise à l’homme principalement par contact direct avec le sang ou les organes d’animaux infectés, souvent des bovins, ovins ou caprins. La transmission par piqûre de moustique infecté est également possible.L’OMS rappelle qu’aucune transmission interhumaine n’a été documentée à ce jour, mais que la vigilance reste de mise. Chez l’homme, les symptômes varient. Certains patients ne présentent que des signes grippaux légers, tandis que d’autres développent des formes graves, notamment des fièvres hémorragiques ou des atteintes neurologiques pouvant être fatales

Des conditions favorables à la propagation

L’agence onusienne note que plusieurs facteurs contribuent à la recrudescence actuelle : les fortes pluies qui favorisent la prolifération des moustiques, les mouvements transfrontaliers de bétail vers le Mali et la Gambie, ainsi que l’intensification des activités pastorales et commerciales.Ces conditions créent un terrain propice à la circulation du virus entre animaux et humains.

L’OMS insiste sur la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique et la sensibilisation dans les zones rurales et frontalières.Face à cette situation préoccupante, l’OMS, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plaide pour une approche intégrée dite « Une seule santé », impliquant les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale.

« Une seule santé »Cette approche, déjà préconisée lors d’épidémies précédentes en Afrique de l’Est, vise à anticiper et limiter les flambées en coordonnant les actions de prévention, de vaccination animale et de contrôle vectoriel.

L’évaluation du risque réalisée conjointement par ces trois agences conclut à un risque élevé au niveau national, modéré au niveau régional et faible au niveau mondial.Cependant, l’OMS avertit que, sans réponse rapide et concertée, la situation pourrait s’aggraver et avoir des impacts sanitaires, économiques et sociaux majeurs, notamment pour les communautés rurales dépendantes de l’élevage.

Viviane DIATTA