Taïwan: la nouvelle cheffe de l’opposition s’oppose à l’augmentation du budget de la défense
À Taïwan, le Parti nationaliste chinois, ou KMT, vient, ce samedi 1ᵉʳ novembre, de nommer officiellement sa nouvelle présidente, Cheng Li-wun. Ouvertement pro-dialogue avec Pékin et opposée à toute augmentation du budget de la défense malgré les menaces chinoises d’unifier l’île par la force, elle incarne cet autre pan de Taïwan qui aimerait pouvoir tirer profit d’un rapprochement avec la Chine.
Pour son premier discours d’intronisation, Cheng Li-wun dresse un portrait sombre pour l’île de 23 millions d’habitants.
« Taïwan traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Avec les tensions militaires qui s’intensifient dans le détroit de Taïwan, le monde entier tourne son regard vers nous. Les règles commerciales et économiques qui ont autrefois soutenu la prospérité de Taïwan et créé son miracle économique subissent actuellement des bouleversements majeurs ».
Sa solution : dialoguer avec Pékin pour faire profiter Taïwan du développement économique chinois. Une politique encouragée par Xi Jinping : après son élection, Cheng Li-wun a reçu les félicitations du président chinois. Elle s’est même dite disposée à le rencontrer, une ligne rouge que n’avait pas franchi son prédécesseur. Une posture très amicale vis-à-vis de la Chine que ce représentant de la jeunesse du KMT espère lui plus mesurée à l’avenir :
« Nous espérons une approche modérée. Avec une politique internationale équilibrée entre un positionnement pro-américain, une attitude amicale envers le Japon et le maintien de liens avec le continent. Ce serait la meilleure option pour la société taïwanaise et le Kuomintang ».
En poste pour les quatre prochaines années à la tête du premier parti d’opposition, elle pourrait influencer significativement la place que Taïwan occupe sur l’échiquier géopolitique et rapprocher l’île du giron chinois.

