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STATISTIQUES SUR LES CRUES ET INONDATIONS: Près de 2 000 hectares de sols irrigués engloutis sous les eaux à Podor

Le spectacle est désolant à Podor. Des centaines d’hectares de parcelles de riz, presque au stade d’épiaison, ainsi que d’autres cultures, sont entièrement engloutis par les eaux à la suite du débordement du fleuve Sénégal, actuellement en crue. Selon les dernières statistiques publiées par la Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta (SAED), 1903,85 hectares sont inondés.La campagne hivernale s’annonce difficile dans l’ensemble du département de Podor, où les producteurs subissent les effets du débordement du fleuve.

Près de 2 000 hectares – 1903,85 hectares plus exactement – ont été touchés par ce phénomène naturel, dont 507 hectares de parcelles sinistrées, toutes spéculations confondues, parmi lesquels 354,46 hectares de riz. Des pertes certes importantes, mais relativement moindres que celles enregistrées l’année dernière, grâce à une étude d’anticipation menée par la SAED.Il y a quelques jours, les producteurs des IT3 et IT4 de Guédé Village avaient dû abandonner leurs parcelles de riz arrivées à maturité, submergées par les eaux.

Dans la même localité, 15 hectares de gombo ont également été engloutis, une lourde perte pour ces acteurs déjà éprouvés par une conjoncture économique difficile. Ces derniers ont d’ailleurs lancé un appel à l’État pour une aide d’urgence, soulignant la nécessité d’une intervention rapide.Selon Ousseynou Tall, chef de la Division Appui à la production et à l’entrepreneuriat rural (DAPER), les chiffres récents confirment l’ampleur des dégâts.

« Les dernières statistiques disponibles indiquent que 1903,85 hectares sont inondés sur l’étendue de la délégation de la Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta, de la Vallée du Sénégal et de la Vallée de la Falémé (SAED). Cependant, ce sont des périmètres qui ne sont pas exploités pour cette saison hivernale », a-t-il précisé.

Et d’ajouter que « cette année, la mise en valeur est estimée à 4262,69 hectares pour la campagne hivernale, contre 4847 hectares lors de la précédente saison. Seuls 507,86 hectares mis en valeur sont déclarés inondés. Il convient de relever que 354,46 hectares concernent uniquement le riz ».

Toujours selon lui, « à la date du 17 octobre, les informations disponibles font état de 322,94 hectares déclarés inondés et sinistrés, dont 200,74 exclusivement en riz ». M. Tall a également rappelé que la SAED avait multiplié les concertations avec les producteurs avant la saison.

« C’est parce que la société d’encadrement du monde rural avait organisé plusieurs rencontres dans ce sens, au cours desquelles l’accent avait été mis sur les dispositions à prendre pour une campagne sécurisée, afin de contribuer à la sécurité alimentaire des ménages », a-t-il indiqué.Face à cette catastrophe naturelle, les producteurs sinistrés appellent de nouveau les pouvoirs publics à réagir rapidement.

« Il faut que l’État réagisse vite pour soutenir les familles touchées avec des vivres et du matériel, mais surtout pour réhabiliter les périmètres irrigués. C’est la seule manière de permettre aux acteurs de reprendre leurs activités », plaident-ils. Un cri du cœur lancé depuis la vallée du fleuve, où l’espoir reste suspendu au retour des eaux à leur lit et à la solidarité nationale.

Mariem DIA