Thiaroye 1944 : L’absence d’un document clé freine l’établissement de la vérité sur le massacre des tirailleurs
Plus de quatre-vingts ans après le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye, en 1944, l’entière vérité sur la tragédie reste difficile à établir. Le comité d’historiens mandaté par les nouvelles autorités sénégalaises a récemment publié un livre blanc révélant un obstacle majeur : le manifeste du navire qui a rapatrié les soldats à Dakar demeure introuvable.Ce document essentiel aurait permis de déterminer précisément le nombre d’hommes débarqués et, par conséquent, d’établir un bilan exact des victimes. En son absence, les chercheurs doivent se baser sur des estimations, ce qui entrave la progression de la quête de vérité sur les événements du 1er décembre 1944.Le rapport mentionne également des « disjonctions » constatées lors des premières fouilles archéologiques menées au cimetière de Thiaroye, lieu de sépulture présumé des soldats abattus.Dirigée par le professeur Mamadou Diouf, historien à l’université de Columbia (États-Unis), l’équipe a néanmoins mis au jour de nouvelles informations sur les tirailleurs : leur enrôlement souvent contraint, leur engagement durant la Seconde Guerre mondiale et les conditions éprouvantes de leur retour.Longtemps désigné comme une simple « mutinerie » par la France, l’événement est désormais officiellement qualifié de massacre. Pour Mamadou Diouf, cette réinterprétation historique représente une étape décisive dans la reconnaissance de la mémoire et la réhabilitation de la dignité des tirailleurs.

