Bosnie: le chef déchu de l’entité serbe remplacé par une présidente par intérim
Après quasiment deux décennies aux manettes de l’entité serbe de Bosnie, Milorad Dodik a été remplacé, samedi 18 octobre, par une présidente par intérim, Ana Trisic Babic, une proche de ce puissant dirigeant, déchu pour avoir défié la plus haute autorité politique de la République serbe de Bosnie.
Il y aura eu trois étapes dans la fin du règne sans partage de Milorad Dodik sur la République serbe de Bosnie, explique notre correspondant à Sarajevo, Laurent Rouy. Au pouvoir de façon continue depuis 2006, à la tête de l’entité serbe, le dirigeant nationaliste avait été d’abord condamné à un an de prison et interdit d’activités politiques pendant six ans en février dernier pour avoir rejeté les décisions du Haut représentant international, Christian Schmidt, le plus haut pouvoir politique de cette entité régionale.
Ensuite, en août, son mandat lui était retiré. Une décision qu’il avait d’abord refusée, provoquant une grave crise politique dans le pays. Dans un premier temps, en riposte à la condamnation, Milorad Dodik avait fait interdire, par un vote au Parlement de la République Serbe de Bosnie, à la police et à la justice centrale du pays divisé d’exercer dans l’entité serbe. Ce qui lui avait valu une enquête pour « attaque contre l’ordre constitutionnel ». Il était allé jusqu’à annoncer la tenue le 25 octobre 2025 d’un référendum sur les décisions du Haut représentant et de la justice à son encontre, auquel il a finalement renoncé. Mais samedi, le Parlement de l’entité serbe lui a désigné un successeur, en attendant un scrutin présidentiel anticipé. Pour la première fois depuis 19 ans, Dodik n’occupe plus aucune fonction politique.

