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Confidences du président Diomaye sur son « amour de jeunesse »

Présidant, hier, au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose de Dakar, le premier Forum national du Livre et de la Lecture, Bassirou Diomaye Faye, avant de livrer son discours officiel, a partagé un moment intime, révélant son « amour de jeunesse » : la lecture.« Je vais exceptionnellement déroger à la règle, en commençant par raconter une petite anecdote, a-t-il confié, sourire aux lèvres.

En 1994-1995, avec un groupe d’amis de classe de 5e – dont Mor Sarr, aujourd’hui mon conseiller particulier, Cheikh Seye, devenu magistrat, Modou Guèye alias Nak Faye, greffier, ainsi qu’Adama Ngom, éducatrice spécialisée, et des dames comme Nogaye Faye, Fatou Sène et Marietou Diouf – nous fréquentions le Centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC) de Ndiaganiao. Je tiens à leur rendre hommage, car c’est avec eux qu’est née en moi la compétition dans la lecture ».

Le président s’est ensuite replongé dans ses souvenirs d’enfance. « Nous voulions nous abonner au centre culturel, mais nous avions de sérieuses difficultés financières. Si mes souvenirs sont bons, cela coûtait 500 francs CFA. Le conservateur, en accord avec le responsable du centre – feu Doudou Ndiaye, enseignant, et Magoré Ndiaye – nous a généreusement offert l’abonnement pour toute l’année. C’est ainsi qu’a commencé une compétition amicale : qui lirait le plus de livres à la fin de l’année ? ».

Il poursuit, amusé : « Le volume ne comptait pas vraiment. J’étais partisan de lire plusieurs livres de taille moyenne, tandis que mon ami Mor Sarr préférait les ouvrages volumineux de plusieurs centaines de pages. Je me demande encore comment il faisait pour les terminer ! ».

Le chef de l’État a ensuite évoqué la source profonde de cette passion. « Cette passion est née de cette compétition, mais aussi de l’exemple de mon père. Je l’ai toujours vu lire. Dès qu’il finissait un journal, un magazine ou un livre, je le prenais, même sans tout comprendre. Cela m’a beaucoup aidé dans mon parcours scolaire. J’ai compris très tôt que la lecture libère », a-t-il poursuivi.

Dans une allusion subtile à son passage en prison, il a ajouté : « C’est la lecture qui m’a permis de ne pas ressentir l’incarcération. Les seuls endroits que je quitte toujours avec tristesse, ce sont les librairies et les bibliothèques, parce que j’y laisse toujours un livre que j’aurais aimé emporter. À force d’en acheter sans avoir le temps de les lire, j’en avais accumulé énormément. La prison m’a donné le temps de tous les lire ».

Et de conclure avec émotion : « Je remercie toutes celles et ceux qui ont contribué à façonner cette passion chez moi. Le livre m’a accompagné toute ma vie. Il reste mon véritable amour de jeunesse ».

Adama AIDARA