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SÉKOUBA BAMBINO À DAKAR POUR LES 40 ANS DE DAANDÉ LENOL: « Ce sera du jamais vu à Dakar ! »

C’est aux environs de 13h30 que le vol de l’artiste guinéen Sékouba Bambino a foulé le tarmac de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass. Le musicien séjourne à Dakar dans le cadre de la célébration des 40 ans de l’orchestre Daandé Lenol, fondé par El Hadji Baaba Maal, dont il est l’invité de marque. Accompagné de son manager Assane Ndiaye, vêtu d’une chemise batik, d’un pantalon noir et d’une casquette assortie, l’artiste annonce déjà la couleur : un spectacle de feu, aux côtés de ses frères de scène Youssou Ndour et Baaba Maal. « Ce sera un cocktail des grandes voix d’Afrique », confie-t-il, tout en rappelant que si ces artistes ont partagé de nombreuses scènes internationales, c’est la première fois qu’ils se produiront ensemble à Dakar. Honoré par cette invitation, Sékouba Bambino a également livré son regard sur la situation de la sous-région et adressé un message vibrant à la jeunesse africaine.

Comment appréciez-vous cette invitation de Baaba Maal ?

Je crois que c’est tout à fait normal. D’abord, on dit Dieu merci, car 40 ans de vie et de musique pour faire plaisir à ses fans, ce n’est pas donné à tout le monde. Si nous sommes là aujourd’hui pour mon frère Baaba Maal et son groupe, c’est pour l’accompagner, l’applaudir et prier pour qu’il reste longtemps parmi nous.Parlez-nous un peu de votre relation avec Baaba Maal…C’est un frère, un grand frère, un ami, un collaborateur. Il m’a toujours considéré comme son frère de lait, comme son frère de cœur. Chaque fois que je viens à Dakar, on se parle, on se voit, on se rend visite. Et quand il vient à Conakry, nous passons du temps ensemble. Pour moi, c’est vraiment un frère.

Qu’est-ce que cela vous fait de revenir encore à Dakar ?

C’est un grand plaisir. Je ne me lasserai jamais de venir ici. Vous savez, le Sénégal et la Guinée, c’est la même famille, c’est toute l’Afrique. Je me sens toujours chez moi ici. Les Sénégalais m’appellent Cheikh Ba. Et ils ont raison : mon vrai nom est Cheikh Fantamadi, et Sékouba est simplement la forme guinéenne. Alors non, je ne suis pas dépaysé, je suis le bienvenu à Dakar, chez moi. Parce que je suis chez ici, au Sénégal.

Votre présence à Dakar symbolise une belle intégration africaine, mais pourquoi les politiques africaines n’arrivent-ils pas à suivre cet exemple ?

Vous savez, la politique a sa logique, et la musique la sienne. Mais, quelque part, nous parlons tous du même peuple, du même continent, de la même Afrique. Il faut qu’on s’écoute, qu’on se donne la main pour avancer ensemble. C’est essentiel.

Vous considérez-vous comme l’un des porte-voix de cette unité africaine ?

Tout à fait. Je fais ma part à travers la musique. Notre souhait, c’est une Afrique unie, forte et respectée. Et nous ne devons jamais nous fatiguer dans cette quête.

La sous-région ouest-africaine traverse aujourd’hui une grave crise. Qu’en pensez-vous ?

Je trouve cela anormal, mais je reste optimiste. Nous devons nous donner la main et travailler davantage. Le véritable problème de l’Afrique, c’est qu’on travaille peu. Or, le seul secret du progrès, c’est le travail. Si chacun s’y met, l’Afrique avancera.

Quel message adressez-vous à la jeunesse africaine ?

De se battre ! Il faut que la jeunesse africaine se batte encore, qu’elle croie en elle-même. L’avenir est devant elle. Je suis convaincu que l’Afrique est la première puissance du monde. C’est à la nouvelle génération de travailler dur pour faire avancer le continent. L’Afrique, c’est maintenant !

Un mot sur les autorités du nouveau régime au Sénégal ?

J’aime beaucoup ce que je vois dans ce pays qui est aussi le mien. Je félicite le président et toute son équipe. Leur arrivée représente un nouvel espoir pour le Sénégal et pour l’Afrique toute entière. Félicitations à eux !

Que représente pour vous le fait de partager la scène avec Baaba Maal à Dakar ?

C’est un immense plaisir. Je suis entouré de frères, d’amis, de compagnons de route. Ce n’est pas la première fois qu’on se retrouve sur scène, mais ce sera la première fois à Dakar. Et croyez-moi, ce que nous allons offrir au Grand Théâtre sera inédit. Je dis à tout le monde : ne manquez pas ce moment. Car ce sera du jamais vu !

À quoi peut-on s’attendre pour votre spectacle ?

Comme d’habitude… mais encore plus fort ! Parce que Baaba, Bambino, Youssou et les autres, ce sont des artistes de cœur et d’énergie. Ce sera grandiose. Nous invitons tout le monde à venir fêter avec nous

Peut-on espérer un duo Baaba Maal-Bambino ?

Pourquoi pas ! C’est même pour cela que je suis venu. Alors ne manquez surtout pas ce moment. On vous attend !

Par Adama AIDARA