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STADE ABDOULAYE WADE: L’imbroglio qui menace la sérénité des Lions

Alors que les Lions doivent affronter la Mauritanie à Diamniadio après leur déplacement à Juba, une nouvelle polémique éclate autour du Stade Abdoulaye Wade. Le patron de la SOGIP, Dame Mbodji, menace de ne pas ouvrir les portes de l’enceinte si la Fédération sénégalaise de football (FSF) ne règle pas sa dette. Un climat tendu qui détourne l’attention de l’essentiel : le terrain.

À deux jours du déplacement des Lions à Juba, l’atmosphère qui entoure la Tanière est tout sauf sereine. Alors que l’équipe de Pape Thiaw tente de se concentrer sur le match face au Soudan du Sud, c’est une nouvelle polémique qui s’invite dans le débat. L’utilisation du Stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, théâtre prévu du derby contre la Mauritanie le 14 octobre.Le patron de la Société de gestion des infrastructures publiques (SOGIP), Dame Mbodji, a mis les choses au clair. Pas de match sans contrat signé ni garantie écrite de remboursement de la dette que la Fédération doit à la SOGIP.

Une position ferme qui risque de plomber la préparation des Lions. « Pour le match du Soudan, la Fédération a payé tardivement, alors même que le contrat n’était pas signé. Cette fois-ci, il n’y aura pas de match sans contrat signé. Le document devra être validé avant la mise à disposition du stade. Pour le match contre la Mauritanie, nous exigeons un engagement écrit sur la dette que la FSF nous doit, car elle est colossale. Sans cet accord, la Fédération ne pourra pas utiliser le stade », a déclaré Dame Mbodji.

Quand les polémiques étouffent le sportif

Des propos qui font froid dans le dos, alors que les Lions n’ont pas encore terminé leur première rencontre. À ce rythme, on parle davantage des polémiques administratives et de la hausse des prix des billets que du match capital face au Soudan du Sud. Et c’est bien là le danger : voir les débats extra-sportifs prendre le dessus sur le terrain.Du côté de Dame Mbodji, le ton est resté ferme, mais mesuré. Il assure que son institution n’a jamais voulu nuire au football sénégalais, tout en rappelant que les infrastructures ont un coût.

« La SOGIP n’a jamais augmenté le prix de location du Stade Abdoulaye Wade depuis trois ans. Le montant reste strictement inchangé », précise-t-il, avant d’ajouter : « C’est la Fédération qui nous doit de l’argent. Nous demandons le remboursement de cette dette, car l’entretien du stade coûte extrêmement cher. Si la Fédération ne nous paie pas, où allons-nous trouver les ressources nécessaires ? Le football est une discipline sensible. Ce que j’accepte pour le football, je ne l’accepte pour aucune autre discipline. Mais nos infrastructures nécessitent d’importants moyens pour rester opérationnelles ».

Cette sortie remet aussi les pendules à l’heure sur la polémique autour de la hausse des prix des billets pour le match Sénégal-Mauritanie. « La SOGIP n’a rien à voir avec l’augmentation des prix des billets. Notre tarif de location est resté le même depuis trois ans », a indiqué Dame Mbodji.

Un contrat toujours en suspens

Dans les couloirs de la Fédération, on tente de calmer le jeu, mais la tension reste palpable. L’idée même qu’un blocage administratif puisse compromettre la tenue d’un match officiel à domicile est jugée « inadmissible » par plusieurs acteurs du football local.

Pourtant, à l’heure actuelle, aucun contrat n’a été signé entre la FSF et la SOGIP, malgré l’urgence du calendrier.Pour les hommes de Pape Thiaw, cette situation est loin d’être anodine. L’équipe nationale a besoin de stabilité et de sérénité à l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations et d’une qualification presque acquise pour le Mondial 2026.

Les polémiques sur les dettes, les billets ou les querelles de gestion viennent polluer un environnement déjà sous tension après plusieurs forfaits et blessures. Les Lions n’ont pas besoin de ça. À l’heure où le groupe cherche à bâtir une dynamique de confiance, les affaires extra-sportives s’accumulent et risquent de détourner l’attention de l’essentiel : le jeu, les performances et la conquête d’un nouveau sacre continental.

Si la FSF et la SOGIP ne trouvent pas un terrain d’entente dans les jours à venir, le Sénégal pourrait vivre une situation embarrassante : devoir improviser pour accueillir son voisin mauritanien. Ce serait un terrible contretemps pour une équipe qui aspire à la grandeur, mais qui se retrouve, une fois de plus, prisonnière de ses propres blocages internes.

Mouhamed DIEDHIOU