DAME MBODJI AFFIRME QUE LA SOGIP EST PLOMBÉE PAR LA DETTE DE LA FSF: « Rien que le nettoyage du stade Abdoulaye Wade coûte 132 millions FCFA par an »
La Fédération sénégalaise de football (FSF), qui loue le stade Abdoulaye Wade de Diamniadio pour les matchs de l’équipe nationale, traîne une dette de plus de 100 millions de FCFA envers la Société de gestion des infrastructures publiques (SOGIP). Une situation jugée préoccupante par le Directeur général de la société, Dame Mbodji, qui alerte sur le coût élevé de l’entretien de l’enceinte sportive, estimé à 132 millions FCFA par an.
Lors de la dernière journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, qui a opposé le Sénégal à la Mauritanie, le débat n’a pas seulement porté sur le match, mais aussi sur la gestion du stade de Diamniadio. Le Directeur général de la Société de gestion des infrastructures publiques (SOGIP), Dame Mbodji, a rappelé que l’entretien d’une infrastructure de cette envergure est particulièrement onéreux.
« Une maison qui coûte 100 millions aura un entretien à la hauteur de sa valeur. Pour un édifice comme le stade Abdoulaye Wade, les charges sont énormes. Rien que le nettoyage, confié à deux entreprises à la suite d’un appel d’offres, revient à 132 millions FCFA par an », a-t-il expliqué.Selon le patron de la SOGIP, la Fédération doit impérativement honorer ses engagements financiers afin d’éviter des difficultés dans la gestion du stade.
« La FSF nous doit une somme importante. Cette dette est lourde et impacte nos finances, car le stade ne nous rapporte presque rien. Nous sommes parfois même déficitaires. Si la Fédération ne peut pas tout régler d’un coup, nous pouvons envisager un moratoire, mais elle doit s’acquitter de ses obligations », a-t-il insisté.
La collaboration entre la SOGIP et la FSF, qui dure depuis trois ans, arrive à un tournant. « Nous allons vers une quatrième année, et il est nécessaire de revoir les termes du contrat », a ajouté Dame Mbodji, soulignant que la SOGIP gère également d’autres infrastructures comme le Dakar Arena.
Face aux rumeurs liées à l’organisation du match Sénégal-Mauritanie, le directeur de la SOGIP a tenu à clarifier les conditions d’utilisation du stade.« Si la Fédération ne signe pas de convention, le stade ne sera pas mis à disposition. Le conseil d’administration m’interdirait de le faire », a-t-il averti, précisant que la signature du contrat inclut la souscription à une assurance civile obligatoire pour couvrir d’éventuels incidents.
Il rappelle que lors du match du 5 septembre dernier, l’équipe nationale avait pu jouer sans contrat en raison de l’installation récente du nouveau bureau fédéral, mais la FSF avait ensuite régularisé la situation.
« Pour le match contre la Mauritanie, nos exigences sont claires : il faut signer le contrat et s’engager à apurer la dette », a martelé le directeur.Dame Mbodji insiste sur sa responsabilité de gestionnaire.
« On m’a confié une direction, je dois assurer le recouvrement, la bonne gestion et rendre compte au conseil d’administration, où siègent la Présidence de la République, la Primature, le ministère des Infrastructures et le Conseil financier », s’est-il justifié.
Malgré ces difficultés, le directeur se félicite des performances financières de la SOGIP depuis sa prise de fonction. « Nous avons battu tous les records en matière de recettes. Seul le Centre des expositions, notamment lors de l’événement organisé par Bill Gates en 2023, nous surpasse », se réjouit-il.
Fatou DIOUF

