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ACCUSATION D’ESPIONNAGE AU BURKINA FASO: Huit responsables d’une ONG arrêtés, dont la Franco-Sénégalaise Aminata Marianne Guissé

Le gouvernement burkinabè a annoncé l’arrestation de huit responsables de l’ONG International NGO Safety Organisation (INSO), basée à La Haye, aux Pays-Bas, accusés d’espionnage et de trahison. Parmi les personnes interpellées figurent quatre étrangers, dont un Français, une Française d’origine sénégalaise, Aminata Marianne Guissé, et un Tchèque, ainsi que quatre ressortissants burkinabè.

Selon le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, les personnes arrêtées comprennent le directeur pays de l’ONG, son adjointe, le directeur général adjoint, ainsi qu’un citoyen malien. Le directeur pays avait déjà été interpellé fin juillet, à la suite de la suspension de trois mois prononcée à l’encontre d’INSO pour « collecte de données à caractère sensible sans autorisation préalable ».

INSO, qui fournit habituellement des analyses sécuritaires à destination des organisations humanitaires, est accusée par les autorités burkinabè d’avoir continué à exercer des activités malgré la suspension officielle de ses opérations. « Malgré la suspension décrétée le 31 juillet, certains responsables ont poursuivi clandestinement des activités telles que la collecte d’informations sensibles et la tenue de réunions, en présentiel ou en ligne », a indiqué Mahamadou Sana.

Le ministre affirme que l’ONG recueillait des données sur les zones d’opération, les positions des unités des Forces de défense et de sécurité (FDS), les interventions des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ainsi que sur la sécurisation des convois de ravitaillement. Ces informations, jugées hautement sensibles, auraient été transmises à des puissances étrangères.

« INSO est une ONG étrangère, dirigée par des étrangers, qui collectait et fournissait des informations sécuritaires pouvant porter atteinte à la sécurité nationale et aux intérêts du Burkina Faso », a souligné Mahamadou Sana, pointant une complicité locale dans ces agissements.

Parmi les personnes arrêtées figurent donc Aminata Marianne Guissé, directrice adjointe de nationalité franco-sénégalaise, Thomas Muzik, ressortissant tchèque et directeur général adjoint, ainsi que plusieurs collaborateurs burkinabè et un Malien. Les autorités Burkinabès expliquent que toutes ces activités d’espionnage ont été rendues possibles grâce aux salaires mirobolants accordés aux employés de l’ONG.

En effet, selon les chiffres dévoilés par Mahamadou Sana, le directeur pays (Aminata Marianne Guissé) et son adjoint percevaient 3,5 millions de FCFA par mois. Le directeur administratif et financier, le directeur des ressources humaines, le manager des opérations recevaient chacun mensuellement 2,4 millions de FCFA.

D’autres exemples montrent également des salaires élevés, dont le but est de convaincre les employés de trahir leur pays, selon Mahamadou Sana. Ainsi, le chauffeur senior avait un salaire mensuel de 520 000 FCFA, le chauffeur simple, 390 000 FCFA tout comme la cuisinière ménagère qui percevait la même somme. Les vigiles et le personnel d’entretien avaient chacun un salaire mensuel de 210 000 FCFA.

Les huit personnes interpellées devraient être présentées au procureur du Faso pour répondre des charges d’espionnage et de trahison, dans un contexte de forte tension diplomatique entre Ouagadougou et certains pays occidentaux, notamment la France, accusée par la junte de vouloir déstabiliser le régime.

Adama AIDARA