Société

Émigration Irrégulière : un directeur d’école arrêté et déféré

O. Seydi, directeur de l’école primaire de Bettenty 1, a été arrêté en flagrant délit alors qu’il tentait de faire embarquer 16 candidats à l’émigration clandestine à bord d’une pirogue, au quai de Missirah.

Selon Libération, qui révèle l’affaire, les faits se sont déroulés vers 23 heures, dans la nuit de vendredi, lorsque les éléments de la Brigade de surveillance, d’interpellation et de filature de la DNLT ont intercepté un groupe de migrants sur le point de quitter le territoire de manière illégale. À leurs côtés se trouvait un passeur, identifié plus tard comme étant le directeur d’école.

Interrogés, les candidats – majoritairement originaires de Gambie – ont expliqué avoir été enrôlés par des compatriotes restés dans leur pays d’origine. Repris par la même source, ils ont déclaré avoir versé leur participation financière à O. Sarr, alias « Ansou », et A. Ndour, alias « Klaro », présentés comme les principaux organisateurs du voyage. Ces derniers auraient transmis aux migrants le numéro de téléphone de Seydi, chargé de les accueillir à Missirah, de les regrouper et de les convoyer jusqu’à Bettenty, point de départ prévu pour la traversée.

Entendu par les enquêteurs, le directeur d’école, cité par Libération, a d’abord nié toute implication, affirmant que son numéro avait été utilisé à son insu. Mais ses explications ont vite été jugées peu crédibles. L’enquête a établi que son fils, ainsi qu’un neveu de son épouse, avaient déjà été convoyés gratuitement vers l’Europe un an plus tôt par les mêmes organisateurs, via un voyage clandestin.

L’exploitation de son téléphone portable a par ailleurs révélé des messages audio échangés sur WhatsApp avec un candidat, I. Senghor, et un autre individu non identifié, attestant de son rôle actif de recruteur et de passeur.

Confronté à ces preuves, Seydi a fini par reconnaître avoir été informé depuis avril dernier du projet de voyage. Il a admis avoir obtenu une place dans la pirogue pour l’un de ses neveux, tout en niant avoir perçu de l’argent, soutenant que les contributions financières avaient été directement remises aux organisateurs.

À l’issue de l’enquête, il a été déféré, le 22 septembre, devant le parquet financier, poursuivi pour trafic de migrants, conclut le quotidien d’information.