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MARCHÉS PUBLICS FRAUDULEUX AU PTN: Amy Samaké et Hélène Diouf sous contrôle judiciaire, Ismaïla Timbo et Bassirou Ba écroués

Un nouveau rebondissement secoue le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, éclaboussé par une affaire de marchés publics frauduleux et de détournement de deniers publics. Deux volets distincts, mais liés au même département stratégique, ont connu leur épilogue judiciaire provisoire ce jeudi 18 septembre 2025.

Un marché public de 1,4 milliard FCFA au cœur des soupçons

Après deux retours de parquet, le juge du 3ᵉ cabinet du Pool judiciaire financier a placé sous contrôle judiciaire Amy Samaké, ancienne directrice de la Case des tout-petits. Elle est soupçonnée d’avoir détourné 1,4 milliard FCFA dans le cadre d’un marché public conclu sous la tutelle du ministère. Pour recouvrer sa liberté, elle a dû déposer une caution réelle sous forme de terrain.

Lors de son audition, Mme Samaké a nié en bloc les accusations. Elle a soutenu avoir préfinancé les travaux sur fonds propres, rappelant qu’elle avait initialement refusé le contrat en raison d’arriérés de paiement de l’État. Elle affirme n’avoir accepté qu’après insistance de responsables qui lui auraient garanti un financement sur des ressources privées, hors budget ministériel.

La DAGE libérée sous conditions

Aux côtés de Mme Samaké, la Directrice de l’Administration générale et de l’équipement (DAGE), Hélène Ndoukité Diouf, a également été placée sous contrôle judiciaire. Selon nos sources, son implication est jugée moins directe, des contestations sérieuses existant autour de sa responsabilité.

En revanche, les autres prévenus interpellés par la Section de recherches de Colobane n’ont pas eu la même clémence.

Deux responsables incarcérés

Le juge a ordonné le placement sous mandat de dépôt de Ismaïla Timbo, Directeur administratif et financier (DAF) du ministère, et de Bassirou Abdou Ba, coordonnateur du projet incriminé. Ils sont poursuivis pour détournement de deniers publics, complicité et blanchiment de capitaux.

Ces deux hauts responsables apparaissent comme des pièces maîtresses dans le circuit présumé de malversations financières, l’un ayant validé les flux administratifs et financiers, l’autre ayant assuré la gestion opérationnelle du projet.

Un ministère fragilisé par les scandales

Cette affaire illustre la vulnérabilité des procédures de passation de marchés publics dans un secteur stratégique comme celui de la Communication et du Numérique, vitrine du « New Deal technologique » lancé par les autorités.
L’opinion publique s’interroge désormais sur les mécanismes de contrôle interne, mais aussi sur la responsabilité politique de la tutelle face à des scandales qui menacent de ternir la crédibilité de la gouvernance numérique du Sénégal.

(L’Informé)