Pétrole sénégalais : Révélations du Dg de la SAR sur leur «problème» avec le brut de Sangomar
La commande avait été médiatisée à l’époque. En février, la Société africaine de raffinage (Sar) s’était approvisionnée en brut au gisement sénégalais de Sangomar, avec 650 000 barils de pétrole.
“L’idée c’était vraiment de démontrer que la Sar a les capacités techniques de traiter le Brut sénégalais”, explique Abib Diop, le Directeur général de la Sar. Mais, tout ne semble pas s’être passé comme espéré.
Pour faire comprendre le problème de la Sar avec le pétrole brut sénégalais, M. Diop a procédé à une petite explication. Il renseigne que chaque type de brut donne un certain pourcentage en termes d’essence, de gasoil, de butane, de fioul etc. Et au Sénégal, les besoins du marché national requièrent plus de gasoil que d’essence et plus de gasoil que de fioul.
“Or, le brut de Sangomar donne beaucoup plus de fioul. Le fioul, destiné à la Senelec, sur lequel on a des marges très faibles, pour ne pas dire vraiment des marges nuls, parfois même des pertes”, signale-t-il.
Malgré cela, la Sar est obligée d’approvisionner Senelec. Car un décret signé en 2012, lui en fait obligation. “Je dis souvent que c’est notre part de sacrifice, parce que nous sommes tenus d’approvisionner Senelec quelle que soit la situation”, regrette le patron de la Sar.
Pis, Abib Diop révèle sur la télévision nationale que même si le pétrole est extrait ici au Sénégal, la Sar n’a droit à aucun traitement de faveur quant au prix d’achat du brut. Il achète le brut au même coût que tout le monde.
“Nous n’avons aucune décote, nous n’avons aucun prix préférentiel au niveau de Sangomar. On peut se poser des questions, parce que ce sont nos ressources. Des ressources naturelles du Sénégal. On achète au prix du marché. Et derrière, c’est un rendement qui donne plus de fioul. Or, au niveau du fioul on n’a presque pas de profit. C’est là où se trouve le problème”, signale le patron de la Sar.
« On gagne des marges plus importantes sur le brut du Nigéria que sur le brut sénégalais… »
Le paradoxe, révèle M. Diop, c’est qu’aujourd’hui, pour l’entreprise qu’il dirige, il est beaucoup plus intéressant d’importer le brut du Nigeria que d’acheter au niveau local. “C’est la réalité. On gagne des marges très importantes si on compare le brut du Nigéria par rapport au brut sénégalais. Cela pose problème”, dit-il.
Pour lui, le contrat n’est pas optimal, raison pour laquelle le premier ministre a mis en place une commission pour la renégociation. Des discussions sont engagées avec les opérateurs internationaux, notamment Woodside et BP. « C’est en très bonne voie, nous avons pas mal de pistes », assure-t-il.

