CHRONIQUE DE MLD: Le pouvoir- Pastef doit mettre le Sénégal en chantier…Mamadou Lamine DIATTA
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Il faut s’intéresser à ́la tonalité de la presse suite au récent réaménagement ministériel pour mieux décrypter les dynamiques en cours dans le landerneau politique.«Sonko prend le pouvoir » ( les Échos), « Diomaye cède face à Pastef » ou encore « Pourquoi Sonko a écarté Ousmane Diagne) signé Jeune Afrique…
Il y a donc un fait constant à savoir cette fixation sur Ousmane Sonko qui est visiblement plus qu’un Primus inter Pares mais davantage l’alpha et l’oméga de l’actuel attelage institutionnel du pays.
Dans l’analyse de ce réaménagement ministériel, on parle très peu du Président de la République pourtant unique détenteur du décret de nomination en ce qu’il a l’exclusivité de nommer aux emplois civils et militaires. Mais il ne faut pas être naïf ou de mauvaise foi. Depuis le 24 mars 2024, le Sénégal a opéré un virage à 180 degrés à l’heure. Fini hyper-présidentialisme à outrance qui avait droit de cité de Senghor à l’avènement du Président Bassirou Diomaye Faye. Il ya clairement un changement de paradigme avec des duettistes et pas un soliste au cœur du pouvoir. Evidemment, tout changement en profondeur est de nature à irriter et agacer plus d’un. C’est humain d’autant que les habitudes ont toujours la vie dure. Mais il faut pousser la lucidité au point d’étudier froidement les conditions d’accès au pouvoir de ce tandem inédit. Ousmane Sonko reste une bête politique redoutable. Leader du parti de l’actuel Chef de l’État, il s’était juste adapté à son inéligibilité pour ouvrir un boulevard au 5eme Président de la République du Sénégal. C’est cela la véritable histoire. Evidemment, il est également normal pour beaucoup de rappeler qu’il n’existe pas de canapé présidentiel dans aucun pays au monde. Ce qui explique d’ailleurs l’allusion maintes fois ressassée du conflit Senghor/ Mamadou Dia. Encore que les contextes sont vraiment différents.
Tout de même, il est important de se poser une question existentielle : Ce tandem au sommet tiendra le choc jusqu’à quand au regard de l’activité débridée de plusieurs Cassandres qui ne cessent de prédire le pire à savoir un conflit programmé à leurs yeux ?
Dieu seul sait d’autant que les chemins de la politique sont insondables. Mais il reste sûr et certain que le Président Bassirou Diomaye Faye et Sonko semblent mesurer à sa juste valeur le fait que l’avenir de ce pays pauvre en proie à d’inextricables problèmes de trésorerie repose sur leurs frêles épaules. Du moins pour les trois années qui nous séparent de la prochaine présidentielle. Ils ne s’appartiennent plus et se savent épiés par le monde entier. Ils n’ont pratiquement pas droit à la rupture de ce pacte de stabilité, pas le droit à l’erreur. S’ils arrivent à rompre ce serment, ce serait quelque part à désespérer du Leadership dans les pays africains. Mais ce ne sera pas la fin du monde pour autant. Les plus vieux d’entre nous diront à l’envi : Nous en avons vu d’autres. Clairement !
Par ailleurs, le Premier ministre parle d’un gouvernement de travail et pas de villégiature. Rien de nouveau sous le soleil et cela reste un simple slogan de politicard. Le Président Macky Sall en bon guerrier Koliyabé, avait parlé, faudrait-il le rappeler, d’un gouvernement de combat. Autrement dit, on connaît la chanson.
Aujourd’hui, il faut constater que les Sénégalais ont tout donné au régime Pastef. Un chef d’Etat, un Président de l’Assemblée nationale et maintenant les leviers stratégiques comme ces ministères de souveraineté (justice et intérieur) sans oublier la mairie de Dakar.
Autant dire que nos concitoyens attendent ce pouvoir au tournant. Ils ne leur feront désormais aucun cadeau. Ils doivent juste se mettre au taquet et résoudre la sempiternelle problématique économique.
En somme, parler moins et booster la production nationale par la création de richesses, d’emplois et de valeur ajoutée. C’est cela le véritable combat.
Pastef est engagé à fond dans les questions immatérielles relativement à la fameuse reddition des comptes. C’est très bien mais il ne faut pas occulter le bilan matériel. Pour l’heure, les contempteurs du « Projet » restent circonspects avec un verdict péremptoire : Ce pouvoir, ce serait quasiment zéro réalisation infrastructurelle, du moins juste la statue de Lat-Dior à Thiès et les Plans vision 2050 et PRES …C’est carrément caricatural mais cela en dit long sur les espoirs, disons les attentes irrationnelles du peuple sénégalais pour reprendre l’expression pleine de sens du Professeur Mamadou Diouf.
Le domaine infrastructurel était jusque-là une des faiblesses criante du régime. L’érection d’un ministère exclusivement dédié aux infrastructures est –elle une lueur d’espoir ? On verra bien
Sans doute un signal fort envoyé à l’opinion pour informer que des infrastructures structurantes vont bientôt sortir de terre.
C’était quand même la force du pouvoir Macky Sall d’avoir très tôt compris qu’il fallait mettre le Sénégal en chantier. D’où des investissements massifs (issus de l’endettement) ayant abouti à des réalisations majeures comme les routes, l’extension de l’autoroute à péage ( Vdn 2 ou 3…la route de la grande côte etc) les pistes rurales( Pudc), le stade Abdoulaye Wade, Dakar Arena,le TER, le BRT…
L’actuel pouvoir semble enfin vouloir corriger cette perception avec l’érection de ce ministère stratégique.

