BIRAM BIGUE MBAYE CANDDIAT AU POSTE DE LA PRESIDENCE DE LA NOUVELLE FEDERATION SENEGALAISE DE LUTTE: « Le Sénégal est le seul pays à avoir encore un CNG »
Dans la perspective de la mise en place de la toute nouvelle Fédération séné- galaise de lutte, dont la création a été officialisée lors de l’assemblée générale constitutive tenue, ce samedi, un candidat s’est déclaré pour le moment en vue de diriger l’ins- tance : Biram Bigué Mbaye. Ancien policier et membre de la commis- sion des règlements et de la discipline du CNG sous Alioune Sarr, il ambi- tionne de moderniser et de structurer ce sport emblématique du Sénégal.
Qui êtes-vous et quel est votre parcours ?
’ai servi dans l’armée pendant cinq ans avant d’intégrer la police nationale, où j’ai pris ma retraite en 2015, à la direction des passe- ports. J’ai aussi participé à des missions de maintien de la paix, notamment au Liban et au Timor, et exercé comme commandant de corps. Natif de Dakar, je connais bien l’univers de la lutte. J’ai siégé à la commission des règlements et de la discipline du CNG sous Alioune Sarr. Je suis également président d’honneur de l’Association des entraîneurs de lutte du Sénégal, ainsi que vice-président de l’Association des écoles de lutte du Sénégal. Pour rappel, Mbaye Guèye, le Tigre de Fass, en fut le premier président.
Qu’est-ce qui vous a motivé à briguer la présidence de la Fédération ?
Ma candidature est guidée par le désir de mettre mon expérience de l’administration et du management sportif au service de la lutte. J’ai d’ailleurs créé une école de lutte à la Médina, affiliée au CNG. Mais au- delà de l’aspect sportif, la lutte est une expression culturelle complète. Elle intègre les accoutrements, les chants, les danses, les percussions. Autant d’éléments qui relèvent de notre patrimoine immatériel. La lutte est à la fois traditionnelle et moderne, sociale et sociologique. Elle a des dimensions ethnographiques, anthropologiques et historiques. C’est ce qui m’a poussé́ à me pencher sur son évolution, à partir des archives, notamment celles de 1920. Mon objectif est de donner une véritable dimension institutionnelle à la lutte, qui dépasse le simple cadre de Lamb. `
Vous dites vouloir la présidence, et rien d’autre ?
Exactement. Je n’ai pas besoin d’un poste de vice- président. Ce qui m’inté- resse, c’est la présidence, car je veux contribuer à l’avenir de la lutte dans sa globalité. J’ai un réseau international solide et je connais bien les rouages du système.
Avez-vous un programme concret pour la lutte ?
Oui, et il est précis. Il vise à promouvoir la pratique de la lutte dans tout le pays, en multipliant les compétitions locales, régionales et inter- nationales, renforcer les compétences des entraî- neurs et des acteurs de la lutte, afin d’élever le niveau technique. Egalement, inté- grer la lutte sénégalaise dans les grands rendez- vous mondiaux, comme les Jeux africains, mondiaux et olympiques. Réformer la gouvernance, sur les plans administratif, organisation- nel et sportif, en s’inspirant des modèles internatio- naux. Élargir la Fédération en y intégrant toutes les formes de lutte, à l’image de la France. Cela a d’ail- leurs existé au Sénégal entre 1959 et 1969, selon les premiers textes réglementaires. Nous avons déjà mené une planification stratégique, qui identifie les forces, faiblesses, opportu- nités et menaces. Un plan d’action en découlera pour encadrer toutes ces réformes.
Quel regard portez- vous sur le monde actuel de la lutte au Sénégal ?
Aujourd’hui, notre structure est affiliée à la Confédération africaine de lutte amateur, mais aussi à une fédération internationale. Pourtant, le Sénégal reste une exception. Depuis 1971, nous fonctionnons avec un Comité́ national de gestion (CNG), qui devait être provisoire pour deux ans seulement. Depuis 1994, ce système perdure. Or, partout ailleurs dans le monde, ce sont les fédérations qui régissent la lutte. Le Sénégal est le seul pays à avoir encore un CNG. Notre ambition c’est donc de mettre en place une véritable Fédération sénégalaise de lutte qui nous permettra enfin d’être en conformité avec la légalité internationale et d’inscrire durablement ce sport dans une gouvernance moderne.
Fatou DIOUF

