Cameroun: l’ONU s’inquiète de restrictions «croissantes» de l’espace civique à l’approche de la présidentielle
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits humains, Volker Türk, a dénoncé mardi 2 septembre 2025 les restrictions de l’espace civique et démocratique au Cameroun, à l’approche de l’élection présidentielle du 12 octobre.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains s’inquiète du climat pré-électoral au Cameroun. À moins de six semaines de la présidentielle du 12 octobre, Volker Türk s’exprime dans un communiqué disponible en ligne ce 2 septembre. Il appelle les autorités de Yaoundé à agir vite pour garantir un environnement propice à une élection pacifique, inclusive et crédible.
« Un environnement sûr et propice aux droits humains », « il semble malheureusement que ce ne soit pas le cas au Cameroun », déclare Volker Türk. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains s’inquiète pour la liberté d’expression des électeurs appelés à voter le 12 octobre.
Il liste des exemples de restrictions « croissantes » de l’espace civique et démocratique : rassemblements interdits, exclusion de certaines personnalités de la course électorale – sans nommer spécifiquement l’opposant Maurice Kamto – ainsi que des irrégularités dans les inscriptions sur les listes électorales.
« Nul ne devrait être arrêté pour avoir exercé ses droits »
Volker Turk rappelle aussi que le 4 août, au moins 53 partisans de l’opposition ont été arrêtés devant le Conseil constitutionnel lors d’audiences du contentieux pré-électoral. « Si (leur) libération […] est une bonne nouvelle, ils n’auraient tout simplement pas dû être arrêtés, déclare le Haut-Commissaire. Nul ne devrait être arrêté pour avoir exercé ses droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. »
Volker Turk qui mentionne aussi les cas de suspension ou d’interdiction d’ONG ces derniers mois. « Le gouvernement ne devrait pas entraver le travail essentiel des organisations de la société civile et des médias », estime-t-il.
Le haut responsable onusien exhorte le gouvernement camerounais à prendre des mesures concrètes pour lutter contre la montée des discours de haine, de la désinformation et de l’incitation à la violence, en ligne et hors ligne, conformément au droit international aux des droits de l’homme.

