International

La Russie imperturbable après les attaques massives sur Kiev

Au moins 18 personnes, dont quatre enfants, ont été tuées à Kiev lors d’une des plus importantes attaques aériennes russes contre l’Ukraine, ont annoncé jeudi 28 août les autorités ukrainiennes. Volodymyr Zelensky accuse Moscou de préférer « continuer à tuer » plutôt que négocier une paix. Après que le bâtiment de la mission de l’UE à Kiev a été endommagé par une frappe russe « délibérée », le président du Conseil européen a promis que l’UE ne se laisserait « pas intimider ». La France et le Royaume-Uni ont aussi condamné cette attaque massive.
« Bonjour, chers amis, mesdames et messieurs, camarades, votre émission préférée commence tout de suite. L’armée russe a lancé la première frappe massive de missiles et de drones sur des cibles à Kiev depuis le sommet de l’Alaska. »

L’émission la plus écoutée à la mi-journée en Russie à la télévision d’État fait des frappes de cette nuit son premier titre. Elle note elle-même le signal : elles interviennent après le tapis rouge déroulé à Vladimir Poutine en Alaska. Comme si, au fond, ce sommet et les semaines qui ont suivi n’étaient qu’une parenthèse diplomatique déjà refermée.

Un symbole politique

Ce n’est pas à la télévision que l’on pourra entendre parler du symbole particulier que représente le ciblage des bâtiments européens et britanniques : on y reprend, comme toujours, les communiqués du ministère de la Défense, qui affirme imperturbablement n’avoir visé que des cibles militaires. Interrogé à la mi-journée sur ce déluge de frappes visant la capitale de l’Ukraine, le porte-parole du Kremlin a notamment déclaré : « Les frappes sont couronnées de succès, les cibles sont détruites, l’opération militaire spéciale continue. La Russie maintient son intérêt à poursuivre le processus de négociation afin d’atteindre les objectifs auxquels nous sommes confrontés par des moyens politiques et diplomatiques ».

Rarement Dimitri Peskov s’est montré aussi direct pour signifier que Moscou entend bien, par la voie diplomatique ou par les armes, atteindre les buts de guerre qui, officiellement en tout cas, n’ont jamais changé en trois ans et demi. Le pouvoir russe reste convaincu encore et toujours qu’il a les moyens militaires de ses ambitions.

Ce ton nouveau de Dimitri Peskov donne aussi le sentiment que le Kremlin semble avoir acquis cette certitude : celle que, quoi qu’il fasse, Donald Trump n’a pas l’intention de se retourner contre Vladimir Poutine.

À lire aussi