Pape Mamadou Diouf, membre du Mouvement Sénégal Bi Nu Bokk: » L’élection d’Abass Fall est celle de la trahison et de la tortuosité »
Alors qu’Abass Fall a été élu maire de Dakar au terme d’un scrutin contesté, le mouvement Sénégal Bi Nu Bokk de Barthélémy Dias n’en démord pas. Membre du Secrétariat exécutif et responsable du mouvement à Dakar-Plateau, Pape Mamadou Diouf, dénonce une « élection de la trahison et de la tortuosité et défend la légiti mité de Barthélémy Dias, qu’il espère voir rétabli par la Cour suprême. Dans cet entretien, il revient sur les divisions de l’opposition, la stratégie future de son mouvement et le bilan de l’an-cien édile de la capitale.
Pape Diouf, quelle lecture faites-vous de l’élection d’Abass Fall comme maire de Dakar ?
Pour nous, cette élection est le résultat d’un tripatouillage. Le Pastef a utilisé son statut de parti au pouvoir pour manipuler l’administration et s’organiser de sorte qu’Abass Fall soit élu. Je ne le considère pas comme le vrai maire de Dakar. C’est une élection de la tortuosité, de l’achat de conscience et de la trahison.
Vous parlez de trahison. Qui visez-vous exactement ?
Certains conseillers n’ont pas été conséquents avec eux-mêmes. Des élus de Benno Bokk Yakaar, par exemple, ont voté pour un candidat du Pastef. C’est incompréhensible et pour nous, c’est une véritable trahison. On ne peut pas concevoir qu’un parti aussi minoritaire dans le conseil municipal se retrouve avec 49 conseillers sans qu’il y ait des manœuvres.
Cette situation ne révèle-t-elle pas aussi des fragilités dans l’opposition?
Absolument. Cette élection a mis en exergue la faiblesse de l’union de l’opposition. Dès que Khalifa Sall et Barthélémy Dias ont décidé de se séparer à l’amiable, nous avions perdu une partie de notre force. Aujourd’hui plus que jamais, l’opposition n’est pas homogène. Mais Sénégal Bi Nu Bokk a choisi une voie claire: mener une opposition frontale.
Concrètement, quelle stratégie allez-vous adopter?
Nous allons jouer pleinement notre rôle de contre-pouvoir. Cela passe par un travail de terrain, par des tournées à travers tout le Sénégal pour massifier le mouvement et nous préparer aux prochaines échéances. Nous n’hésiterons pas à aller dans le fin fond du pays pour rencontrer les populations et renforcer notre assise. rer
Sur le plan judiciaire, où en est le dossier de Barthélémy Dias ?
Depuis huit mois, Barthélémy Dias a été écarté de la mairie de Dakar de manière arbitraire. Mais nous avons choisi la voie judiciaire. Le 17 août prochain, si le droit est dit, une chose inédite se produira Barthélémy Dias sera rétabli dans ses droits. Car il est le maire légitime, élu par les Dakaroises et les Dakarois au suffrage universel.
Vous présentez Barthélémy Dias comme un maire modèle. Quels sont, selon vous, ses principaux acquis ?
En deux ans seulement, il a prouvé qu’on n’élit pas des responsables pour faire des slogans, mais pour travailler. Dakar a été mieux éclairée, les cimetières de Yoff réhabilités, un centre de dialyse a vu le jour à Liberté 6. et il a lancé la construction d’un lycée technique à Grand-Dakar. A cela s’ajoutent 19 terrains de gazon synthétique qui seront terminės d’ici 2027. Quel que soit le maire en place, il sera obligé d’inaugurer ces réalisations, car ce sont des projets de Barth.
Quel message adressez-vous aux Dakarois et aux Sénégalais ?
Nous appelons à rester vigilants. Cette élection a montré que le pouvoir actuel prend des allures de dictature. Mais nous sommes déterminés. Nous mènerons la bataille judiciaire et politique pour que justice soit rendue et pour que Dakar retrouve son vrai maire, Barthélémy Dias.
Lamine Diédhiou (l’infomé)

