États-Unis: des anciens fonctionnaires de la sécurité et du renseignement perdent leur habilitation sécurité
Aux États-Unis, 37 anciens fonctionnaires des services de sécurité et de renseignement perdent leur habilitation sécurité, sur ordre du président. Parmi ces fonctionnaires, certains ont travaillé sur des dossiers comme l’interférence de la Russie dans les élections de 2016 ou critiqué publiquement Donald Trump pendant la campagne. Ils sont accusés notamment d’avoir participé à la « politisation » ou à « l’utilisation du renseignement » à des fins personnelles ou partisanes, ou encore de ne pas avoir protégé les informations classifiées.
Cette décision s’inscrit dans un raz de marée de purges et de rétorsion depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, notamment contre les équipes de ses prédécesseurs. Certaines personnes visées aujourd’hui ont travaillé sous l’administration Biden sur des dossiers sensibles.
À titre d’exemple, figure sur la liste un éminent chercheur de l’université de Georgetown qui a été directeur des Affaires européennes au Conseil national de sécurité sous le gouvernement Obama. Ce qui est dans le viseur, c’est clairement l’enquête sur les interférences de la Russie dans l’élection de 2016, que Donald Trump dénonce régulièrement.
Et ce n’est pas nouveau, dès son retour au pouvoir, des dizaines de responsables se sont vu retirer leur habilitation sécurité. Mais le gouvernement a aussi révoqué la protection officielle de certains hauts fonctionnaires menacés. Ça a été le cas pour John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, menacé par l’Iran, qui est devenu un critique virulent du président.
Des licenciements à la NSA ou au Cyber Command
Il y a aussi des licenciements par dizaine. Parmi eux, ceux des dirigeants de l’Agence nationale de sécurité (NSA) et du Cyber Command, et tout récemment celui du directeur du Bureau des statistiques, dont les chiffres sur l’emploi ont déplu au président. Tout cela a des conséquences sur la fiabilité des données officielles qui seront désormais disponibles, y compris en matière de renseignement extérieur.
Le président demande la démission immédiate de Lisa Cook, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (FED). Dans ce cas, l’objectif est de faire baisser les taux d’intérêt.
L’armée n’est pas épargnée. Dernier exemple en date, la « démission » du général David Allvin, le chef d’état-major de l’armée de l’air. Le général a en fait annoncé qu’il anticipait de deux ans son départ à la retraite. D’après des sources citées par le Washington Post, il s’agit en réalité d’un départ imposé par la Maison Blanche.
Beaucoup de personnel moins gradé a aussi été visé sur des bases idéologiques, telles que la défense de la diversité, raciale, sociale ou de genre.
Des voix critiques s’expriment
Il y a quand même des voix critiques qui s’expriment. Mardi 19 août, 400 employés du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et d’autres administrations, ont signé une lettre qui accuse le secrétaire à la Santé d’avoir mis en danger leur vie et celle du reste de la population. Ils dénoncent les discours antiscientifiques, la réduction des moyens des programmes de santé publique, et la décision de Robert Kennedy Jr. d’avoir remodelé le comité consultatif sur les vaccins avec des personnes des antivax.

