Inondations au Pakistan: «Les pays du Nord dépensent pour les guerres, pas pour sauver le Sud du changement climatique»
Le Pakistan est frappé par une saison de pluies extrêmes : des averses torrentielles, des crues soudaines et des glissements de terrain d’une rare violence ravagent depuis plusieurs semaines les régions montagneuses du nord du pays. Plus de 700 personnes sont mortes depuis le début de la mousson et des dizaines d’autres sont portées disparues. Les équipes de secours et leurs engins lourds sont ralentis par les intempéries qui risquent de s’aggraver encore davantage dans les jours à venir. Rafay Alam est un avocat pakistanais, spécialisé en droit de l’environnement.
Comment expliquer ce bilan très lourd en vies humaines depuis le début de la mousson au Pakistan ?
Rafay Alam : Il y a plusieurs raisons. Le Pakistan a déjà connu des inondations. Le pays dispose de systèmes d’alerte précoce. Il existe également une autorité fédérale chargée de la gestion des catastrophes au niveau des provinces. Mais à un certain niveau, il y a eu un manque de communication avec les communautés qui vivent près des lits des rivières pour les évacuer à temps. Dans certains cas, il n’y a tout simplement pas eu de temps nécessaire pour avertir ces communautés du danger imminent. Et deuxièmement, un rapport publié au début du mois par World Weather Attribution [un réseau international de scientifiques qui a pour objectif de quantifier l’influence du changement climatique sur l’intensité et la probabilité des événements météorologiques extrêmes, NDLR] indique que les précipitations enregistrées entre le 23 juin et le 24 juillet ont augmenté de 15 % en raison du réchauffement climatique. Il y a donc deux facteurs : la mauvaise gestion des secours, mais aussi l’aggravation de la crise climatique, qui est à l’origine de cette situation.

