Liban : 5 ans après l’explosion du port de Beyrouth, une enquête et une reconstruction inachevée
Cinq ans après l’explosion du port de Beyrouth, qui a fait, le 4 août 2020, 235 morts, 6 500 blessés et détruit une partie de la capitale liban
Cinq ans après l’explosion du port de Beyrouth, qui a fait, le 4 août 2020, 235 morts, 6 500 blessés et détruit une partie de la capitale liban
Les ingérences politiques dans le processus judiciaire n’ont pas dissuadé le successeur de Fadi Sawan, le juge Tarek Bitar, d’aller de l’avant. Le magistrat a confirmé les accusations portées contre les deux ex-ministres (et actuels députés) et a émis des dizaines de mandats d’arrêt contre des personnalités politiques, d’anciens chefs de services de sécurité, des agents des douanes, et des fonctionnaires et employés du port de Beyrouth.Son action est jugée « suspecte », « partiale » et « politisée » par les deux principaux partis chiites, le Hezbollah et le Mouvement Amal de Nabih Berri, qui s’estiment spécifiquement ciblés par Tarek Bitar. L’affaire provoque pendant des mois des remous politiques et la tension dégénère en affrontements armés lors d’une manifestation hostile au magistrat, le 14 octobre 2021. Les heurts, qui feront sept morts et de nombreux blessés sur l’ancienne ligne de démarcation du temps de la guerre civile (1975-1990), ont fait craindre le pire.Après ces graves incidents, les accusés adoptent la stratégie de l’obstruction pour freiner la procédure judiciaire. Une quarantaine de recours déposés par les deux ex-ministres et d’autres personnes mises en cause dans l’enquête paralysent l’action du juge. Un litige éclate entre Tarek Bitar et le procureur général de l’époque, Ghassan Oueidate, et finit par stopper les investigations pendant plus d’un an.

